Le travail intérimaire est de plus en plus sollicité par la filière Défense. Au point que certains acteurs du secteur ouvrent des agences spécialisées dans les métiers de l’armement comme à Bourges, en Centre-Val de Loire, et dans ceux de l’aéronautique militaire en Nouvelle-Aquitaine.Avec près de 85 000 postes à pourvoir d’ici à 2030 dans l’industrie de la Défense, chez les fournisseurs des armées de Terre, de l’Air et de l’Espace ainsi que de la Marine, les besoins en main d’œuvre sont considérables pour soutenir l’augmentation des cadences et permettre à la France de se réarmer à marche forcée.
Le budget de la Défense a d'abord été massivement augmenté, à hauteur de 36 milliards d’euros supplémentaires pour les quatre prochaines années. De surcroît, la pyramide des âges est largement défavorable dans les métiers de l’armement et de l’aéronautique.
Face à la pénurie, la générale Dominique Vitte a même pris la tête d’une « force spéciale défense » au sein de France Travail, pour mieux répondre aux besoins des entreprises du secteur.
Ce contexte tendu a également poussé des groupes de travail intérimaire comme la PME Intérim Nation (Belvedia) et la filiale française du géant néerlandais Ranstad à investir pleinement ce marché pour aider la recherche tous azimuts de candidats sur les zones de tension.
250 postes ouverts à Bourges cette année
Concernant l’armement conventionnel, c’est notamment le cas à Bourges dans le Cher. Avec les sites du missilier MBDA, du constructeur du canon César KNDS, ainsi que de la Direction générale de l’armement (DGA) cette ville moyenne emploie 7 000 collaborateurs directement ou indirectement liés à l’industrie de Défense. Une quarantaine d’entreprises berrichonnes sont ainsi des sous-traitantes des grands donneurs d’ordres cités. « Après moins de deux mois d’ouverture de notre agence spécialisée dans les métiers de l’armement, nous avons environ 80 postes ouverts et l’on estime le nombre total à 250 en 2026, assure Thomas Rafin, directeur d’Intérim Nation pour le Grand Ouest et le Centre de la France. Bien souvent les employeurs ne sont pas en mesure de les recruter, notamment à cause du manque de main-d'œuvre compétente disponible. La concurrence exacerbée sur ces profils, de l’ajusteur ou du câbleur à l’ingénieur, explique aussi leurs difficultés ».