Le contrat pour deux avions de surveillance GlobalEye scelle le divorce avec Boeing pour le guet aérien. En choisissant Stockholm plutôt que Washington, la France accélère son autonomie stratégique et propulse Saab au rang de partenaire industriel de premier plan.Le ministère des Armées franchit un Rubicon. La Direction générale de l’armement (DGA) a acté l’acquisition de deux avions de surveillance GlobalEye auprès du suédois Saab pour un montant de 12,3 milliards de couronnes suédoises, soit environ 1,1 milliard d’euros. Ce contrat, qui comporte une option pour deux appareils supplémentaires, marque le début du retrait de la flotte française d’Awacs E-3F de fabrication américaine.
Ces quatre appareils de Boeing, piliers de la détection aéroportée française depuis des décennies, doivent quitter le service après 2030. En écartant le successeur américain, l’E-7 Wedgetail, au profit de la solution suédoise, Paris envoie un signal. Ce choix permet de préserver un contrôle souverain sur les moyens d’alerte avancée tout en restant arrimé aux standards de l’Otan, dont la Suède est désormais membre.
Un concentré de technologie sur base de jet d’affaires
Plus qu'un simple radar volant, le GlobalEye est un système multidomaine de nouvelle génération. Développé sur la cellule du biréacteur d’affaires canadien Bombardier Global 6000, il intègre un radar Aesa (à balayage électronique actif) longue portée et une suite de capteurs multispectres. Cette configuration permet de surveiller simultanément l’air, la mer et la terre en temps réel.