Comment l’Allemagne va mettre K-O la France dans le spatial
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IRIS² est l’un des programmes les plus ambitieux de l’histoire de la Commission européenne dans le domaine spatial.
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IRIS² est l’un des programmes les plus ambitieux de l’histoire de la Commission européenne dans le domaine spatial.
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C’est clair et net, la France ne va plus boxer bientôt dans la même catégorie que l’Allemagne dans le spatial. Berlin en a fait une vraie priorité à l’image de Paris, mais contrairement à la France, l’Allemagne y met vraiment beaucoup de moyens financiers. Fin septembre, le ministre de la Défense allemand Boris Pistorius a promis une enveloppe budgétaire de 35 milliards d’euros dans des projets militaires spatiaux défensifs et offensifs d’ici à 2030, dont une constellation qui pourrait même mettre gravement en danger la constellation européenne IRIS², fortement défendue par la France. Ironie du sort, les projets pharaoniques de Boris Pistorius reprennent pratiquement les mêmes ambitions françaises fixées dans la stratégie spatiale dévoilée en juillet 2019 par Florence Parly, alors ministre des Armées.
En outre, Berlin va annoncer qu’il va investir lors de la prochaine conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (26 et 27 novembre à Brême) au moins cinq milliards d’euros dans les programmes spatiaux de l’ESA sur la période 2026-2028, comme l’indiquent des sources concordantes à La Tribune. « Ils vont cacher la copie jusqu’au bout comme à chaque fois et mettre plus d’argent que prévu », estime-t-on à Paris. Une conférence où la France va d’ailleurs poursuivre son déclassement européen. Car l’Italie pourrait mettre au moins quatre milliards d’euros grâce au plan de relance de juillet 2020 de la Commission européenne pour atténuer les effets du Covid. Rome mise beaucoup sur le spatial. Quant à la contribution de la Grande-Bretagne, elle pourrait atteindre autour de 2,5 milliards d’euros au maximum. Tous les trois ans environ, la préparation des conférences ministérielles reste comme toujours une véritable partie de poker jouée par les grands pays membres de l'ESA. Tous les coups de bluff y sont possibles... Celle de Brême n'y échappera pas.
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Face à ce mur financier allemand, la France, dans une situation budgétaire catastrophique, est K-O debout. Et un récent exercice demandé par l’Élysée pour des besoins de communication lors de l’inauguration du commandement de l’espace mercredi à Toulouse a fait pschitt. Destiné à gonfler les muscles, ce travail a montré que la France, en additionnant tout ce qu’elle doit investir dans le spatial d’ici à 2030, arrivait péniblement à 20 milliards d’euros. Soit moitié moins que ce que veut mettre l’Allemagne dans le spatial.