Providence, cette plateforme qui va scruter un environnement spatial de plus en plus conflictuel
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Providence, porté par l'ONERA, vise a mieux connaître la situation spatiale
ONERA - Mourad Cherfi
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Providence, porté par l'ONERA, vise a mieux connaître la situation spatiale
ONERA - Mourad Cherfi
La course à la surveillance et à la maîtrise de l’espace se joue aussi dans les Alpes-de-Haute-Provence. C’est là, à 650 mètres d’altitude, sur un plateau calcaire boisé de chênes, que trône depuis 1937 l’Observatoire de Haute Provence, site choisi par l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera) pour y déployer son projet Providence. « L’utilisation de l’espace se démocratise et se complexifie, avec de plus en plus de satellites, de plus en plus d’acteurs, institutionnels compris, ce qui en fait un enjeu éminemment stratégique, voire de conflictualité. Dans ce contexte, nous avons besoin de mieux connaître la situation spatiale, c’est-à-dire d’identifier les satellites et de comprendre ce pour quoi ils sont faits, et de sécuriser nos moyens de communication. C’est le propos principal de Providence », explique Thierry Fusco, adjoint scientifique au directeur du département d’optique d’Onera et responsable scientifique principal du projet.
Pour ce faire, l’établissement public sous tutelle du ministère des Armées s’est associé avec le CNRS pour développer une plateforme de recherche en optique, comprenant un télescope de 2,5 mètres de diamètre, deuxième plus grand sur le sol européen, optimisé pour la haute résolution angulaire et équipé de moyens d’imagerie spécifiques corrigée par optique adaptative permettant, entre autres, de contrer les perturbations atmosphériques. Une infrastructure unique en Europe de par sa résolution, d’une dizaine de centimètres sur des satellites situés à 500 kilomètres d’altitude, et sa capacité de poursuite des objets en orbite basse depuis le sol. « C’est assez inédit, reprend Thierry Fusco. Dans le monde, il y a deux télescopes américains qui en sont capables. En Chine et en Russie, nous savons qu’il y a des développements de ce type, et puis il y aura Providence, projet franco-français qui pourrait toutefois constituer la première étape d’un réseau de stations d’observation de même niveau à l’échelle européenne. »