À l’Assemblée nationale, le Premier ministre a indiqué, mardi 5 mai, que le gouvernement va devoir « changer d’ampleur et d’échelle » sur les dispositifs de soutien à l’activité mis en place depuis le 27 mars et déjà revus, une première fois, le 21 avril.Le gouvernement n’a à l’évidence plus le choix. Alors que la crise iranienne s’enlise et percute de plein fouet l’économie française, « il va falloir changer d’ampleur et d’échelle » sur les aides aux carburants mises en place, a reconnu le Premier ministre Sébastien Lecornu, mardi 5 mai, à l’Assemblée nationale. « Le gouvernement sera amené à reprendre la parole dans les tout prochains jours et en début de semaine prochaine pour adapter l’ensemble des dispositifs au soutien à l’activité et à l’économie avec pragmatisme, sans cynisme et sans mensonge », a-t-il précisé, confirmant des propos rapportés dans La Tribune Dimanche ce week-end.
Face à la gravité du choc provoqué par le conflit au Moyen-Orient, Sébastien Lecornu avait été contraint, dès le 21 avril, de renforcer une première fois le plan d’aides dévoilé le 27 mars. À cette occasion, le locataire de Matignon avait annoncé l'instauration d’une aide à destination des « gros rouleurs », soit trois millions de travailleurs modestes qui dépendent de leur véhicule pour aller travailler. Ce coup de pouce de 50 euros (qui correspond à une ristourne de 20 centimes d’euros par litre pour une consommation moyenne de carburants sur trois mois) sera accessible sur le site de l'administration fiscale, impots.gouv.fr, à partir du 27 mai.
Même si « la situation est particulièrement difficile et grave », le Premier ministre entend « tenir le cap ». À savoir, soutenir l’activité des filières et des ménages les plus en difficulté sans « gaspiller l’argent du contribuable n’importe comment en promettant des baisses de taxes complètement illusoires ». Le Premier ministre vise, sans les nommer, La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Invité de l’association Contribuables associés, lundi 4 mai, le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, a rappelé que son parti était favorable à une baisse des taxes (accises) et de la TVA (de 20 à 5,5 %) sur le carburant. Un ensemble de mesures à 16 milliards d’euros, a-t-il précisé. Ce qui correspond à environ un % de la dépense publique annuelle.