Faute de mesures prises, le déficit public pourrait grimper à 7 % en 2030 et la dette atteindre 130 points de PIB, d'après quatre économistes indépendants missionnés par Bercy pour faire « la transparence des finances publiques ».
La France ne peut plus attendre. Si aucune mesure n'est prise pour redresser la trajectoire des finances publiques dès l'an prochain, le pays est promis à des lendemains qui déchantent. « Dans un contexte de remontée des taux d’intérêt, la situation de nos finances publiques n’est plus soutenable », alertent quatre économistes indépendants — Xavier Jaravel (London School), Xavier Ragot (OFCE, CNRS), Jean-Luc Tavernier (IGF, ex-Insee) et Natacha Valla (Sciences Po) — missionnés par Bercy le 26 mai pour faire la « transparence des finances publiques ».
Dans leur rapport d'une petite quarantaine de pages dévoilé mercredi 15 juillet, les quatre experts décrivent la spirale dans laquelle se retrouverait l'Hexagone, faute d'action du pouvoir politique.
Et le scénario est particulièrement inquiétant. À supposer que la France atteigne 5 % de déficit en 2026 — ce qui sera « difficile », selon le ministre de l'Économie, Roland Lescure —, l'évolution spontanée des dépenses et des recettes conduirait le déficit à 5,9 % en 2027, 6,2 % en 2028, 6,6 % en 2029 et 6,8 % en 2030.
À cette date, la dette dépasserait 130 points de PIB. Elle a atteint 117,5 % à la fin du premier trimestre (3 536 milliards d'euros). À titre de comparaison, elle s'élevait seulement à 98 points de PIB en 2019.
2027, une année cruciale
Manque de chance, alors que l'année prochaine s'annonce compliquée sur le plan politique avec l'élection présidentielle, celle-ci concentrerait environ «la moitié du déficit public » d'ici 2030. Le travail mené confirme que l'évolution du « tendanciel » des dépenses dégraderait le déficit de près d'un point de PIB.
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Pour les économistes, cette dégradation est due à quatre facteurs : l'évolution de la charge de la dette qui atteindrait 89 milliards d'euros en 2027, la montée en puissance du budget des Armées via la loi de programmation militaire (63 milliards d'euros), le dynamisme des dépenses de retraites (366 milliards d'euros), en lien avec la suspension de la réforme de 2023, et de santé (283 milliards d'euros).