Syndicats et patronat se retrouvent aujourd’hui pour clore les négociations sur les ruptures conventionnelles. À défaut d’accord, le gouvernement reprendra la main.Dernier round. Depuis plusieurs semaines, syndicats et organisations patronales se réunissent au siège de l’Unédic, à Paris, pour trouver un accord sur les économies à réaliser sur les ruptures conventionnelles. Ce dispositif, qui permet à un employeur et à un salarié de mettre fin, d’un commun accord, à un contrat de travail tout en ouvrant droit à l’assurance chômage, est désormais dans le viseur de l’exécutif en raison de son coût jugé excessif.
La facture s’élève ainsi à près de 9,4 milliards d’euros, soit 26 % des dépenses totales d’assurance-chômage pour les 515 000 ruptures conventionnelles signées en 2024. Pour réduire l'ardoise, le gouvernement presse les partenaires sociaux de se mettre d’accord pour trouver au moins 400 millions d’euros d’économies par an, sous peine de reprendre en main le sujet. En coulisses, chacun sait qu’un compromis doit absolument être trouvé aujourd’hui, sous peine de se voir dépossédé du sujet, et c’est cette pression qui entretient, malgré des négociations qui s’enlisent depuis plusieurs semaines, un fragile optimisme.
« Il y a une voie de passage », a assuré lundi 23 février Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), un sentiment partagé par Frédéric Souillot, à la tête de Force ouvrière (FO), à seulement quarante-huit heures de cette journée qui s’annonce comme décisive.
Le patronat cible la durée d’indemnisation
Optimisme partagé par les organisations patronales (Medef, CPME et U2P), qui affichent néanmoins un objectif plus ambitieux que celui fixé par l’exécutif : économiser un milliard d’euros par an. Lundi après-midi, le patronat a transmis une lettre aux syndicats qui liste les propositions à ce jour sur la table des négociations.