Reprise des négociations sur l’assurance chômage aujourd’hui avec au programme : la dégressivité des allocations avancée par la CPME et, surtout, l’inépuisable dossier des ruptures conventionnelles.
Et c’est parti pour le show. Patronat et syndicats se sont retrouvés ce mercredi à 13 h 30 au siège de l'Unédic pour une nouvelle séquence de négociation sur l’assurance-chômage. Le patronat, par la voix de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), a profité de la reprise des discussions pour frapper fort, en proposant une baisse progressive des indemnités chômage après plusieurs mois d’indemnisation.
Aujourd’hui, seuls les demandeurs d’emploi percevant au moins 4 939,67 euros bruts mensuels subissent une baisse de 30 % de leur allocation au bout de six mois, et uniquement s’ils ont moins de 55 ans à la fin de leur contrat. Mais la CPME veut étendre ce mécanisme à tous pour réaliser les économies réclamées par le gouvernement, au risque d’aggraver les tensions entre partenaires sociaux, tandis que les ruptures conventionnelles seront au cœur des discussions aujourd’hui.
L’inépuisable sujet des ruptures conventionnelles
C’est le sujet du moment. Les partenaires sociaux débattront aujourd’hui du durcissement des règles contre les chômeurs soupçonnés de ne pas chercher activement un emploi après une rupture conventionnelle, cette modalité de fin de contrat négociée entre salarié et employeur.
Un délai de carence avant l’ouverture des droits à l’assurance chômage figure notamment parmi les pistes examinées pour faire des économies. Car en toile de fond, l’objectif budgétaire est très clair. Les discussions entre partenaires sociaux doivent permettre de dégager au moins 400 millions d’euros d’économies.
À défaut d’accord, l’exécutif reprendra la main. Un message martelé en amont par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui a prévenu que l’absence de compromis constituerait une « déception » et conduirait l’État à imposer sa propre feuille de route.
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Le patronat vise le milliard
Mais l’équation s’annonce d’autant plus délicate que le patronat souhaite aller bien au-delà des objectifs fixés par l’exécutif. Là où le gouvernement réclame au moins 400 millions d’euros d’économies, les organisations patronales plaident pour une amélioration d’un milliard d’euros par an du solde entre les recettes et les dépenses du régime d’assurance-chômage.
Une ligne rouge pour les syndicats. « Ce n’est pas possible, alors que les licenciements se multiplient, de nous réclamer un milliard d’euros d’économies sur l’assurance chômage », s’est indignée fin janvier Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT).
Mais le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, persiste et signe. Il affirme vouloir « combler le déficit » du régime dès 2026 et pour ce faire, disposer de « pistes » sur les ruptures conventionnelles comme sur « d’autres sujets ». Il est donc très probable que le Medef soutienne la proposition de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) sur la dégressivité de l’assurance chômage. Réponse attendue cet après-midi.