La société de Peter Thiel, Palantir Technologies, travaille depuis une dizaine d’années avec les services de l’immigration américains. Mais l’introduction d’un nouveau logiciel, ImmigrationOS, a contribué à l’expulsion de plusieurs centaines de milliers de personnes. De quoi satisfaire la politique de l’administration Trump.« Nous sommes très éthiques, mais ne nous croyez pas sur parole », déclarait la semaine dernière Alex Karp, le PDG de Palantir Technologies, à l’occasion d’un événement organisé par le New York Times. La société de logiciels spécialisée dans les données a multiplié les contrats avec l’administration Trump. Au total, l’entreprise a reçu plus de 113 millions de dollars de dépenses fédérales depuis l’arrivée du président républicain, note le New York Times. Et son cours d’action a pris, lui, plus de 120 % en 2025.
Mais l’entreprise, cofondée en 2003 avec le milliardaire Peter Thiel, est pointée du doigt ces derniers mois pour ses contrats passés avec les services de l’immigration. La société américaine a créé un logiciel nommé ImmigrationOS, vendu à 30 millions de dollars et qui est entré en fonction depuis la rentrée. Le logiciel, qui utilise l’intelligence artificielle, permet à la police fédérale de l’immigration (ICE) de suivre en temps réel les expulsions ou encore de « faciliter les opérations de sélection et d’arrestation des étrangers en situation irrégulière », précise de son côté le Washington Post. Le logiciel suivrait également « les rencontres à la frontière, les demandes d’asile et les demandes de prestations sociales ».
ImmigrationOS
Palantir Technologies travaille depuis plus d’une dizaine d’années avec l’ICE. Mais c’est l’une des premières fois où la société ne se contente pas de fournir des données. Une nouvelle étape franchie qui a été pointée du doigt par des salariés en interne, selon plusieurs médias américains. Dans une lettre ouverte, treize ex-employés ont également accusé l’entreprise d’être complice dans « la normalisation de l’autoritarisme ».