Hauts salaires : pourquoi tout se joue dès le début de carrière

D'après l'Insee, « le début de carrière, et donc les études et diplômes, seraient déterminants pour accéder au top 1 % » des plus hauts salaires (photo d'illustration).
© Pixabay

D'après l'Insee, « le début de carrière, et donc les études et diplômes, seraient déterminants pour accéder au top 1 % » des plus hauts salaires (photo d'illustration).
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Commencer en bas de l’échelle et gravir petit à petit les niveaux jusqu’aux plus hauts postes d’une entreprise appartiendrait davantage au mythe qu’à la réalité. C’est ce qu’il ressort de l’étude « France portrait social 2025 », réalisée par l’Institut national de la statistique (Insee), dévoilée ce mardi. Ainsi, faire partie des 1 % les mieux payés – les 234 500 salariés gagnant plus de 105 948 euros net par an (environ 8 800 euros nets par mois) en 2022 – est quasi impossible sans avoir démarré sa carrière déjà parmi les hauts salaires.
Chiffres à l’appui : neuf salariés sur dix figurant parmi les 1 % les mieux payés en 2022 faisaient partie des 10 % les plus rémunérés de leur génération 15 ans plus tôt. Et la moitié d’entre eux se trouvaient même déjà parmi les mieux lotis (les 1,5 % les mieux rémunérés).
Cette réalité résulte « de la grande stabilité des salariés sur les postes les mieux rémunérés », explique l’organisme chargé d’analyser les données économiques françaises. Il apparaît en effet que les personnes occupant les postes à hauts salaires tendent davantage que les autres à les conserver d’une année sur l’autre (77 % des cas en 2023 contre 61 % dans l’ensemble du secteur privé). D’après l’Insee, c’est notamment lié aux caractéristiques de ces postes, car il s’agit souvent de métiers « difficilement accessibles en cours de carrière sans le parcours scolaire et professionnel adéquat ». Si bien que « le début de carrière, et donc les études et diplômes, s’avèrent déterminants pour accéder au top 1 % » des plus hauts salaires.
Dans son étude, l’Insee dresse le portrait-robot du salarié occupant les postes les mieux payés. Et c’est d’abord un homme. Les femmes ne représentent en effet qu’un quart (24 %) des salariés figurant parmi les 1 % les plus rémunérés. Et seulement 10 femmes (soit 10 %) font partie du « top 100 » des plus hauts salaires. Ces deux chiffres se révèlent d’autant plus bas lorsque l’on sait que la gent féminine représente 42 % des salariés en équivalent temps plein dans le secteur privé (en 2023).
Côté âge, ce sont principalement des salariés de 50 ans ou plus qui sont positionnés en haut de l’échelle salariale. Ils occupent près de six postes sur dix (58 %) parmi les 1 % les mieux payés et 65 % du « top 1 000 ». Un contraste, puisqu’ils représentent moins de 30 % de l’ensemble des salariés du privé.
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Enfin, il ressort que les postes les mieux rémunérés sont davantage localisés dans les plus grandes métropoles du pays, et tout particulièrement en Île-de-France. Rien de surprenant puisque c’est en région parisienne que sont basés de nombreux sièges sociaux d’entreprises, des services financiers et des banques, comme le rappelle l’Insee. Concrètement, près d’un tiers (30 %) des 1 % les mieux payés travaille à Paris et 24 % dans les Hauts-de-Seine, où se situe le quartier d’affaires de La Défense, contre respectivement 8 % et 5 % des postes de l’ensemble du secteur privé. « Cette surreprésentation géographique est encore plus marquée dans le top 0,1 % et dans le top 1 000 », ajoute l’institut français.
L’étude de l’Insee révèle en outre que quatre profils types se distinguent parmi les postes aux plus hauts salaires. Les plus représentés sont les cadres à hautes responsabilités ou expertise, œuvrant en dehors du secteur bancaire. Ils représentent plus de la moitié (61 %) de l’ensemble des 1 % les mieux payés et un quart (24 %) du top 100. Il faut dire que ces postes sont plutôt courants dans le secteur privé puisque occupés par 18 % de l’ensemble des salariés.
A contrario, les salariés assurant la direction de leur entreprise (chefs d’entreprise, dirigeants salariés, cadres d’état-major des grandes entreprises) ne sont pas légion dans le secteur privé (2 % du total). Ils sont pourtant nombreux parmi les 1 % les plus rémunérés (21 %) et encore plus dans le top 100 (31 %).
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Un schéma comparable se retrouve, dans une moindre mesure, pour les cadres des banques et des marchés financiers. Ils restent marginaux dans la masse salariale du privé (1 % du total) mais sont pourtant bien représentés dans les plus hautes rémunérations (7 % du top 100 et 8 % des 1 % les plus payés). C’est aussi le cas pour les sportifs professionnels : peu nombreux dans l’ensemble des salariés du privé (moins de 1 %), ils représentent 14 % du top 1 000 et 36 % du top 100 des salariés les plus rémunérés.