Une proposition de loi socialiste veut confier à La Poste la mission de combler la baisse du nombre de distributeurs automatiques de billets sur le territoire national. Adopté en commission, le texte arrive ce jeudi 11 décembre dans l’hémicycle de l'Assemblée non sans soulever beaucoup d’interrogations.Face à l'accélération de la fermeture des agences bancaires, La Poste va-t-elle devenir la garante du maintien des distributeurs automatiques de billets (DAB) partout en France ? C’est ce que souhaite le député socialiste Pierrick Courbon, auteur d’une proposition de loi visant à « garantir l’accès à l’argent liquide dans tous les territoires ».
Le texte a déjà franchi une étape au Parlement, après avoir été adopté mercredi 3 décembre par la commission des finances de l’Assemblée nationale, non sans avoir été amendé. Il sera débattu en séance publique, ce jeudi 11 décembre, à l’occasion de la niche parlementaire du groupe socialiste.
« L’idée est d’agir en amont d’une logique de désertification bancaire et non dix ans trop tard », justifie Pierrick Courbon auprès de La Tribune. L’initiative est pleinement soutenue par l’Association des maires ruraux de France (AMRF) qui voit par ailleurs d'un bon oeil l’obligation faite à une banque de prévenir « au moins six mois auparavant » l’édile d’une commune quant à la suppression d’un distributeur.
Selon une note de juillet 2025 du Comité national des moyens de paiement (CNMP) – présidé par la Banque de France –, l’Hexagone comptait 52 697 DAB bancaires fin 2018. Il en dénombrait 41 617 fin 2024 – auxquels il faut ajouter 961 DAB indépendants –, soit 42 578 au total. Le pays a donc perdu 10 119 automates en six ans. Et le regroupement – sous la marque Cash Services – de BNP Paribas, CIC, Société générale et Crédit mutuel devrait faire disparaître 3 000 distributeurs supplémentaires à court terme.