« Face à la Chine, les pouvoirs publics doivent protéger les industriels » (Philippe Veran)
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Philippe Veran plaide pour des mesure de protection du savoir-faire industriel français
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Philippe Veran plaide pour des mesure de protection du savoir-faire industriel français
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LA TRIBUNE - Vous dirigez une ETI spécialiste de l’implantologie en dentisterie. Vous avez injecté 15 millions d’euros dans votre nouveau projet d’usine. Sur les sujets d’industrialisation, quelle doit être la place de la France ?
PHILIPPE VERAN - Ma perception – et la perception de beaucoup de patrons industriels comme moi – est que nous avons souvent beaucoup de mal à mesurer ce que l’on peut représenter dans l’industrie. Tous seuls, on ne représente pas grand-chose. Mais collectivement – même si comparativement nous sommes moins puissants et moins nombreux que les Allemands ou les Italiens – nous, ETI françaises, nous sommes une force extrêmement importante. Nous représentons 25% de la main d’œuvre et quasiment 40% de l’emploi dans l’industrie, sachant que l’on recense 5 500 ETI dans l’Hexagone. Nous jouons une grande part dans l’industrialisation de la France. Nous sommes des acteurs importants, sur qui il faut compter. Lors de la crise sanitaire, les ETI ont tenu bon. Dans mon domaine, le médical, nous avons observé que certains de nos concurrents, des sociétés cotées en Bourse, ont licencié une partie de leur personnel lorsque les cliniques dentaires ont été fermées durant deux mois. C’est là on où s’aperçoit de la force d’un capital familial, qui a comme enjeu de durer plutôt que de délivrer.
Le mouvement de réindustrialisation opéré après la crise sanitaire s’essouffle-t-il ?
Il faut encore plus d’industrie mais il faut savoir dire la vérité : le retard que nous avons pris, nous ne le rattraperons pas. Il y a eu un élan post crise sanitaire favorable à la réindustrialisation. On s’est aperçu que les années où nous avons poussé à faire produire à l’extérieur, là où ça coûtait pas cher en imaginant la France devenir une terre de services et de tourisme, était une hérésie totale. Nous ne parviendrons pas à rattraper les 25 années qui viennent de s’écouler. En matière de souveraineté, nous ne pourrons pas faire n’importe quoi. Fabriquer moins cher en France, cela n’est pas possible. Nous devrons parier sur des industries du futur, comme la nôtre, le médical, mais en gardant toujours le focus sur l’innovation et sur des marchés que l’on peut contrôler.