L’accompagnement à l’international des entreprises françaises par l’opérateur public va être réformé. Le ministre du Commerce extérieur explique à La Tribune pourquoi.Après avoir vu sa subvention baisser pendant plusieurs années consécutives, Business France, l’agence publique chargée d’accompagner les entreprises françaises à l’international, va être réorganisée, a annoncé sa direction la semaine dernière. La restructuration conjugue une redéfinition des missions de l’opérateur public avec un plan social. Le ministre du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, explique à La Tribune les objectifs poursuivis par le gouvernement avec cette réforme.
La semaine dernière, le nouveau directeur général de Business France, Louis Margueritte, a présenté sa feuille de route. Elle acte une restructuration majeure de l’agence. Quels sont les objectifs de l’État ?
Je soutiens totalement ce travail. Le premier élément qui nous a conduits à demander à Business France de construire ce que je considère comme un plan de relance, c’est l’évolution du commerce international. La concurrence se fait toujours plus vive, y compris avec des pays voisins comme l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, qui sont extrêmement dynamiques. Nous devons en tenir compte pour renforcer aussi notre dispositif d’appui aux entreprises à l’exportation. Ce plan traduit une volonté d’être encore plus conquérants.
Business France a perdu, en quatre exercices, environ 20 millions d'euros de subventions publiques. Il faut donc faire des choix.
Un deuxième élément intervient toutefois clairement : la contrainte budgétaire. Business France a perdu, en quatre exercices, environ 20 millions d’euros de subventions publiques, en passant de 105 millions d’euros à 86,7 millions aujourd’hui. Il faut donc faire des choix, se concentrer sur ce qui est le plus productif en termes d’augmentation de chiffre d’affaires à l’export. En janvier, le conseil présidentiel pour le commerce extérieur a fixé les priorités : passer de 650 milliards à 700 milliards d’euros de ventes de biens à l’international à l’horizon 2030 et accélérer le développement international des ETI et des PME, qui peuvent entraîner l’ensemble de notre tissu économique. Nous avons donc l’objectif d’augmenter de 50 % le nombre d’accompagnements d’ETI d’ici à 2030, pour porter leur nombre de 1 750 aujourd’hui à près de 3 000 dès 2027-2028.