La Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur épingle la gestion du groupement d’intérêt public (GIP) du Grand Prix de France du Castellet qui s’est tenu de 2018 à 2022. Entre problèmes de gouvernance et erreurs d’évaluation des coûts et des retombées, le GIP laisse un déficit net de 35,7 millions d’euros à la charge des acteurs publics.Ce qui devait être le retour d’une épreuve majeure du sport automobile sur le sol français se solde par un échec cuisant. Mais surtout, un échec coûteux. Initialement, l’idée du retour, dans le Var, d’un Grand prix de Formule 1, disparu du sol français depuis 2008, était séduisante. A l’initiative de l’Etat, puis dans un second temps de la Région Sud, un groupement d’intérêt public (GIP) s’était constitué en 2017 pour redonner à l’Hexagone sa course mythique. Une organisation somme toute normale pour ce type de structure, admet Xavier Lefort, le président de la CRC Provence-Alpes-Côte d'Azur. Plusieurs acteurs ont adhéré : six collectivités ou établissements publics locaux (la Région Sud, les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, les métropoles Nice Côte d’Azur et Aix-Marseille-Provence, les communautés d’agglomérations Toulon Provence Méditerranée et Sud-Sainte-Baume) ainsi que les CCI du Var et de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
102,9 millions d’euros d’argent public ont été mobilisés
Jusqu’là, tout allait bien. La perspective de retombées économiques élevées – estimées à 120 millions d’euros – nourrissait même l’acceptabilité d’un déficit structurel de 74,9 millions d’euros d’argent public cumulé entre 2018 et 2022. « Nous savions que la structure serait déficitaire et qu’il y aurait donc besoin de subventions, de fortes participations de la part des pouvoirs publics », rappelle le magistrat. Au total, 102,9 millions d’euros d’argent public ont été mobilisés pour les quatre éditions entre 2018 et 2022. Or, rien ne s’est passé comme imaginé et les prévisions initiales se sont rapidement avérées intenables.
En effet, le modèle économique s’est rapidement révélé insoutenable, avec des coûts et dépenses largement supérieurs aux recettes perçues… et aux retombées estimées. Deux sources de charges sont notamment responsables : d’une part, la redevance annuelle de 23 millions d’euros au groupe britannique Formula One Management, propriétaire des droits commerciaux de la F1, d’autre part, la dépendance du GIP au propriétaire du circuit Paul-Ricard – la SAS Excelis – pour un coût annuel minimum de 1,05 million d’euros, mais avoisinant davantage les vingt millions d’euros, en moyenne, pour couvrir les travaux et aménagements nécessaires à la tenue de l’événement sur le circuit.