Impasse budgétaire : Retailleau somme Lecornu d’utiliser le 49.3
latribune.fr
Le président de LR, Bruno Retailleau, se montre particulièrement sévère à l'égard du Premier ministre, affirmant ne plus avoir eu de contact avec lui depuis l'échec, le 5 octobre, de son premier gouvernement.
Le patron de LR Bruno Retailleau appelle le Premier ministre Sébastien Lecornu à recourir au 49.3 pour faire adopter le budget de l’État. Il dénonce des concessions excessives accordées à la gauche et accuse l’exécutif d’avoir conduit le pays dans une impasse budgétaire et institutionnelle
À droite, le ton se durcit. Face à l’enlisement du budget de l’État, Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, exhorte Sébastien Lecornu à assumer un passage en force parlementaire, estimant que l’exécutif a perdu le contrôle du cap budgétaire en multipliant les concessions politiques. Dans un entretien mis en ligne samedi sur le site d’Ouest-France, le président des Républicains appelle le Premier ministre à « cesser de tout céder aux socialistes ». Il lui reproche d’avoir accordé au parti d’Olivier Faure « moins d’économies et davantage d’impôts, de déficit, d’endettement ». Des concessions qui ont permis l’adoption du budget de la Sécurité sociale, mais pas celui de l’État.
« Ce que je demande à Sébastien Lecornu, c’est de faire machine arrière et de se saisir du 49.3 pour donner un budget responsable au pays, conforme à l’intérêt de la Nation, avec moins d’impôts et moins de dépenses », insiste le sénateur de Vendée, évoquant la procédure constitutionnelle permettant l’adoption d’un texte sans vote, sauf motion de censure.
Vendredi, la commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs a échoué à trouver un compromis. Le Premier ministre doit désormais recevoir lundi l’ensemble des forces politiques, avant un conseil des ministres prévu dans la soirée. L’hypothèse privilégiée reste celle d’une loi spéciale, permettant la reconduction provisoire du budget 2025, qui pourrait être adoptée d’ici mardi soir par les deux chambres du Parlement.
Les sénateurs dans le viseur de Lecornu
Bruno Retailleau accuse par ailleurs le chef du gouvernement de chercher « une forme d’affrontement avec le Sénat » et de vouloir « le contourner ». Un reproche d’autant plus sensible que plus d’un tiers des députés LR n’avaient pas suivi la consigne du parti lors du vote du budget de la Sécurité sociale. Cette semaine, Sébastien Lecornu a acté l’impossibilité de parvenir à un compromis avant le 31 décembre, mettant en cause, sans les nommer, les sénateurs et leur large majorité de droite et du centre, en dénonçant « l’absence de volonté d’aboutir de certains parlementaires ».
Dans cet entretien, le président de LR se montre particulièrement sévère à l’égard du Premier ministre, affirmant ne plus avoir eu de contact avec lui depuis l’échec, le 5 octobre, de son premier gouvernement, resté en fonction quelques heures. Il lui reproche notamment de lui avoir dissimulé la nomination de Bruno Le Maire au ministère des Armées.
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« Je suis un rural. Je n’apprécie pas que l’on torde une parole donnée », conclut le sénateur vendéen, accusant l’ancien ministre de l’Économie d’être « le responsable de plus de mille milliards de dette ».