Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans » responsables de sa démission
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Sébastien Lecornu avait été nommé le 9 septembre dernier.
/FW1FP/Frances Kerry - REUTERS - STEPHANIE LECOCQ - Stephanie Lecocq
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Sébastien Lecornu avait été nommé le 9 septembre dernier.
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Coup de théâtre au gouvernement ! Alors qu’il a annoncé son gouvernement dimanche soir, Sébastien Lecornu a décidé de remettre, ce lundi matin, sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée. Il est ainsi le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République et le cinquième nommé depuis la réélection de Macron en mai 2022.
« On ne peut pas être Premier ministre quand les conditions ne sont pas remplies », a admis Sébastien Lecornu, prenant la parole en fin de matinée. « J’ai tenté de construire un cheminement avec les partenaires sociaux » et avec « les formations politiques du socle commun et de l’opposition », a-t-il affirmé, assurant que « ces consultations nous ont permis d’avancer sur un certain nombre de sujets » avec quelques lignes qui bougent sur l’assurance chômage, la justice fiscale, les retraites.
« J’en suis arrivée à la conclusion vendredi dernier que le parlement devait toujours avoir le dernier mot », faisant ainsi référence à sa décision de ne pas avoir recours au 49.3. Or, pour expliquer les raisons de sa démission, le Premier ministre démissionnaire a, notamment, dénoncé l’attitude de « ces formations politiques [qui] ont fait semblant de ne pas voir cette rupture que représentait ce choix de ne pas utiliser le 49.3 ».
Tout en admettant que « la composition du gouvernement n’a pas été fluide et a donné lieu au réveil de quelques appétits partisans ».
Tout en tenant à conclure sur une note positive, mais non moins critique : « Il suffirait de peu pour que cela fonctionne, en sachant faire preuve d’humilité, d’effacement de certains égos ». Et d’insister : « Il faut toujours préférer son pays à son parti ». Une allusion claire au président des LR, Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé, en raison du retour de Bruno Le Maire au sein de l’exécutif dont il n’aurait pas été informé.
En sortant d'un rendez-vous avec Emmanuel Macron en fin d'après-midi, Sébastien Lecornu n'a pas fait d'autre déclaration. Et rien n'a filtré sur les intentions du chef de l'État ni sur les raisons de ce nouveau rendez-vous. Avant qu'en fin de journée, une nouvelle annonce est venue faire monter le suspense. Emmanuel Macron y demande à Sébastien Lecornu de mener « d'ici mercredi soir d'ultimes négociations afin de définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ».
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« Nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement », avait aussi estimé ce lundi le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, plaidant pour une sortie des ministres Les Républicains du gouvernement de Sébastien Lecornu formé dimanche soir, afin que « ce gâchis s’arrête ».
LR ne pouvait pas « offrir un dernier tour de piste » à la Macronie, a, de son côté réagit le vice-président des Républicains, François-Xavier Bellamy. De son côté, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse a, elle, plaidé en faveur d’un « référendum sur les sujets qui concernent les Français », citant notamment l’immigration et les finances publiques.
Nommé le 9 septembre, Sébastien Lecornu, ministre des Armées proche d’Emmanuel Macron, avait déjà suscité la réprobation de la gauche et du Rassemblement national, qui n’ont cessé de brandir la menace d’une censure rapide à moins d’une rupture claire dans la politique menée. Sa démission plonge la France dans une crise politique sans précédent depuis plusieurs décennies, et place Emmanuel Macron en première ligne, alors que fleurissent des appels à une nouvelle dissolution, voire à une démission du chef de l’État.
La France insoumise a, en effet, demandé « l’examen immédiat » à l’Assemblée nationale de sa motion de destitution d’Emmanuel Macron, a indiqué lundi matin Jean-Luc Mélenchon. « Après la démission de Sébastien Lecornu, nous demandons l’examen immédiat de la motion déposée par 104 députés pour la destitution d’Emmanuel Macron », a écrit sur X le leader de LFI.
Il a également proposé « une rencontre cet après-midi aux organisations fondatrices de la Nupes et du NFP afin d’envisager toutes les hypothèses ouvertes par cette situation », a écrit Jean-Luc Mélenchon, en évoquant « une situation politique sans précédent historique qui se présente ».
Presque simultanément à l’annonce de cette démission, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a, lui, appelé Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale et provoquer de nouvelles législatives anticipées. « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes », a-t-il déclaré en arrivant au siège du parti d’extrême droite pour évoquer la situation avec Marine Le Pen, avant une réunion de groupe prévue à 17 heures à l’Assemblée nationale.
Cette dernière a abondé en son sens : « Je l’appelle à dissoudre l’Assemblée nationale. Il n’y a pas de solution. La seule décision sage dans ces circonstances, c’est d’en revenir aux urnes et que les Français donnent une direction au pays ».
De son côté, la droite dit ne pas craindre les conséquences d’une dissolution. « Nous n’avons rien à redouter pour nous-mêmes d’une dissolution », a affirmé sur France Inter François-Xavier Bellamy, excluant toute responsabilité de LR si Emmanuel Macron devait convoquer des législatives anticipées. Il a ainsi rappelé que son parti a connu plusieurs succès ces derniers mois lors de législatives partielles.
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