L’instabilité politique française se paie au prix fort sur les marchés
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Le CAC40 a dévissé de 2% lundi matin.
BT/JS - REUTERS - Benoit Tessier
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Le CAC40 a dévissé de 2% lundi matin.
BT/JS - REUTERS - Benoit Tessier
Lundi noir pour les marchés français. La démission surprise du Premier ministre Sébastien Lecornu, survenue lundi matin à peine quelques heures après l’annonce partielle de son gouvernement, a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers. L’événement a ravivé les inquiétudes sur la stabilité politique de la France et sur sa trajectoire budgétaire.
Dès l’ouverture des marchés lundi matin, la réaction a été immédiate. Le Cac 40 a décroché de plus de 2% avant de limiter ses pertes dans l’après-midi, clôturant finalement en recul de 1,36%. Paris a été la seule grande place européenne dans le rouge : Francfort a gagné 0,25% et Londres est restée stable (+0,06%).
Les valeurs bancaires ont particulièrement souffert : BNP Paribas (-3,21%), Société Générale (-4,23%) et Crédit Agricole (-3,43%) ont été entraînées vers le bas par la flambée du coût de la dette française. « La chute des banques est 100% attribuable à cette décision politique », explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.
« La démission de Lecornu plonge la scène politique dans l’incertitude. Les investisseurs craignent un effet domino sur la politique économique et budgétaire », explique dans une note Antoine Andreani, analyste chez le courtier XTB France. « Ce que l'on craint le plus c'est une démission du Président » confiait un gérant à La Tribune.
L'inquiétude se fait aussi et surtout sentir sur le taux d'emprunt de la France. L'obligation de l'État français à 10 ans a soudainement grimpé lundi matin pour s'afficher à 3,59% vers 11 heures, un plus haut depuis plus de dix ans, avant de redescendre à 3,57 % vers 15 heures.
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Reste qu'il s'agit d'un niveau similaire à celui de l'Italie qui empruntait pourtant autrefois bien plus cher que la France. Un chiffre particulièrement regardé par les investisseurs puisque « si le seuil des 3,60 % est franchi, la dette française pourrait être exposée à des attaques massives, amplifiant la nervosité des marchés », ajoute Antoine Andreani. Dans le même temps, l'écart de taux entre la France et l'Allemagne (le spread) est parti à la hausse ce lundi (+2%) pour atteindre son plus haut niveau depuis janvier.
Et les choses pourraient encore s'aggraver. Cette annonce « renforce notre conviction qu'avec un emprunt public dépassant 5% du PIB et un ratio d'endettement en hausse, la prime de risque sur les obligations d'État françaises va continuer de s'élargir », met en garde Jack Ellen-Reynolds, économiste chez Capital Economics. « Par ailleurs, on peut craindre qu'avec l'incertitude politique ambiante, la note de crédit de la France soit encore abaissée, notamment lors des prochaines revues par S&P et Moody's », ajoute Alexandre Baradez, analyste chez le courtier IG.
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Concrètement, le risque qui pèse sur la France est de devoir emprunter à des taux encore plus élevés. Mais « le manque de confiance » des investisseurs pèse aussi sur les perspectives économiques de l'Hexagone. Fidel Martin, président d’Exoé, voit dans cet épisode « un cycle perpétuel d’instabilité ». « Par ce cycle perpétuel d’instabilité, l’exécutif perd toute lisibilité, et les investisseurs s’inquiètent : quelle feuille de route pour la France ? Qui portera les réformes nécessaires ? À quel prix ? » Des questions brûlantes.
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