Immobilier : « Il ne s'agit pas de crise mais d'un changement de paradigme »
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Sandra Chalinet, présidente du club Immobilier Marseille-Provence
CIMP / R Lomini
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Sandra Chalinet, présidente du club Immobilier Marseille-Provence
CIMP / R Lomini
Depuis trente ans, elle observe le monde de l'immobilier commercial et de l'asset management. Passée notamment par Constructa et Hammerson, Sandra Chalinet, à la tête de son propre cabinet désormais, est aussi nouvellement présidente du club Immobilier Marseille-Provence. Alors que Marseille connaît un taux de vacance supérieur à la moyenne nationale, alors que les Galeries Lafayette ont rendu les clés des 30 000 m² au Centre Bourse et que l'on parle de crise de l'immobilier, elle, estime plutôt que « nous changeons de monde, d’usage et de modèles économiques. Nous sommes formatés par et dans l’ancien monde, mais nous sentons clairement qu’un nouveau monde se dessine ». En clair, l'immobilier est « au milieu du gué ».
Car si le marché immobilier s’accorde pour dire que le pire est derrière lui avec près de 930 000 transactions enregistrées en 2025 selon le baromètre national de Se Loger-Meilleurs Agents - un mieux après trois années de crise profonde -, il n’empêche que les difficultés persistent et que c’est tout un modèle économique qui doit se réinventer. « Il faut une vision plus transversale, plus verticale et regarder plus haut que sa simple hauteur », martèle-t-elle. Ainsi, la mutation des centres-villes et des centres-commerciaux n’est pas, dit-elle, une calamité mais plus une réalité à saisir, pour les territoires. A l’image du centre commercial Centre Bourse en plein Marseille, d’où les Galeries Lafayette mais également Séphora et Foot Locker sont partis. « C’est un modèle qui souffre et c'est multifactoriel mais si on arrive à ne pas se lamenter, il faut le prendre comme une mutation nécessaire, la consommation change » et voir ces murs se vider comme une opportunité de « place pour des nouveaux modèles, des nouveaux concepts. Il faut se poser, sans précipitation et analyser les tendances, les attentes, les besoins ». Le tout en prenant bien en compte, d’une part, la réalité du pouvoir d’achat des Français et d’autre part, l’intérêt pour « les métiers de bouche et les commerces de proximité qui créent de la vie », tandis que les « formes de commerce évoluent » avec notamment l’apparition de plus en plus de show-rooms qui créent « du flux et de la fréquentation ».