La Fed maintient ses taux, Powell s’efface mais reste en embuscade
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Fait rare dans l'histoire de la Fed : Jerome Powell ne quittera pas immédiatement l'institution.
KKI - REUTERS - Kevin Lamarque
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Fait rare dans l'histoire de la Fed : Jerome Powell ne quittera pas immédiatement l'institution.
KKI - REUTERS - Kevin Lamarque
La Réserve fédérale a choisi la prudence, mais le passage de témoin s’annonce tout sauf apaisé. Mercredi, l’institution américaine a maintenu ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, tout en actant la fin imminente de l’ère Jerome Powell à sa tête — une transition inédite, puisque le banquier central restera au cœur du système.
Le statu quo monétaire masque en réalité des fractures profondes. Le comité de politique monétaire a adopté son communiqué par 8 voix contre 4, un niveau de dissidence inédit depuis 1992. Trois responsables régionaux « n’ont pas soutenu l’inclusion d’une orientation accommodante dans le communiqué à ce stade », tandis qu’une quatrième voix plaidait pour une baisse immédiate des taux.
Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, la Fed a durci son diagnostic. « L’inflation est élevée, ce qui s’explique en partie par la récente hausse des prix mondiaux de l’énergie », souligne l’institution, qui pointe également que « les événements au Moyen-Orient contribuent à un niveau élevé d’incertitude quant aux perspectives économiques ». Malgré cela, l’économie américaine continue de croître « à un rythme soutenu » et le marché du travail reste solide.
Cette réunion d’avril marque un tournant : elle est a priori la dernière présidée par Jerome Powell, dont le mandat s’achève le 15 mai après plus de huit ans à la tête de la Fed. Son successeur pressenti, Kevin Warsh, est en bonne voie pour être confirmé par le Sénat, dans un climat politique chargé.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump n’a cessé de critiquer Powell, l’accusant de ne pas abaisser les taux assez rapidement. À l’inverse, il affiche sa confiance dans Kevin Warsh pour impulser une politique plus accommodante. Une perspective qui inquiète déjà certains membres de la Fed, attachés à la lutte contre l’inflation.
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« Le communiqué de la Fed laisse présager ce qui attend Kevin Warsh : une série de présidents de banques régionales de la Fed qui craignent qu’il ne plaide en faveur d’une baisse des taux alors que les perspectives d’inflation pourraient suggérer le contraire », résume Jamie Cox, de Harris Financial Group.
Fait rare dans l'histoire de la Fed : Jerome Powell ne quittera pas immédiatement l’institution. Son mandat de gouverneur court jusqu’en janvier 2028, et il a confirmé son intention d’y rester après le 15 mai. « À l’issue de mon mandat de président, le 15 mai, je continuerai d’exercer mes fonctions de gouverneur pendant une période qui reste à déterminer », a-t-il déclaré, promettant « de faire profil bas en tant que gouverneur ».
Cette décision rompt avec la tradition des présidents sortants, qui quittent généralement complètement la Fed. Elle s’explique notamment par les tensions institutionnelles et les procédures en cours autour de la banque centrale. Le banquier central a salué la clôture de l’enquête judiciaire à son encontre, actée vendredi dernier, mais a précisé vouloir rester au moins jusqu’à la fin des investigations engagées par l’inspecteur général de la Fed au sujet du projet de rénovation du bâtiment de l'institution.
Dans le même temps, Powell a tenu à adouber son successeur, affirmant « (croire) sur parole » Kevin Warsh quant à son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. « Il s’est exprimé de façon très forte là-dessus », a-t-il insisté, « et je le crois sur parole ».
Sur les marchés, le message est passé : l’incertitude domine. Wall Street est restée dans le rouge après le communiqué, tandis que les rendements obligataires progressaient et que le dollar se renforçait. Les investisseurs parient désormais majoritairement sur un statu quo monétaire prolongé, avec même une remontée des taux redevenue plausible à horizon 2027.
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