Cette note confidentielle qui remet en question le business model des start-up du nucléaire
Marine Godelier et Juliette Raynal
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Une piscine de stockage de combustibles usés à l'usine de retraitement des déchets nucléaires d'Orano à La Hague, près de Cherbourg, en janvier 2023. (Photo d'illustration)
EXCLUSIF. Selon une étude commandée par la DGEC et jamais publiée, seulement deux petits réacteurs nucléaires à neutrons rapides pourraient voir le jour à l'horizon 2045 en raison d'un manque de plutonium. Malgré le contexte budgétaire très contraint, l’État entend néanmoins maintenir son soutien aux start-up.
EXCLUSIF. À l'heure où la « question vitale » de la dette publique se pose, selon les termes employés hier par feu le Premier ministre François Bayrou, l'État doit-il encore soutenir financièrement les start-up du nucléaire qui travaillent sur des petits réacteurs innovants ? Même s'il ne s'agit, pour l'instant, « que » de quelques centaines de millions d'euros, le sujet suscite des controverses.
Et pour cause, un point névralgique pose problème : l'accès au plutonium, le combustible privilégié pour faire tourner ces « mini-centrales » demain, est loin d'être garanti. Dans une étude confidentielle d'avril 2025, réalisée à la demande de la Direction générale du climat et de l'énergie (DGEC) que La Tribune s'est procurée, EDF, Orano, Framatome et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) tirent la sonnette d'alarme : les contraintes sur cette ressource « limitent le déploiement jusqu'à 2 réacteurs modulaires avancés » au total à l'horizon 2045, et la trajectoire reste « incertaine » au-delà.
En face, pourtant, les start-up qui se concentrent sur cette technologie empilent les promesses : d'ici à 2050, Newcleo vise une flotte de 60 réacteurs, Otrera de 20 à 30, Hexana d'une vingtaine, et même d'une centaine pour Naarea.
Concrètement, il s'agira de petites centrales de quatrième génération basées sur la technologie des réacteurs à neutrons rapides. Le principe : utiliser des neutrons non ralentis par un modérateur (comme de l'eau dans le cas des centrales classiques), afin de maintenir le plus possible la réaction de fission en chaîne. Cela permettrait d'extraire 60 à 70 fois plus d'énergie à partir de la même quantité de combustible, et par là même d'exploiter le moins possible de matière première issue des mines. Dans le jargon, de « fermer le cycle ».
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