Chômage : un allocataire sur cinq retravaille avant indemnisation
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A man walks past the logo of France Travail (National Agency for Employment) at one of its offices, in Machecoul, France May 13, 2026. REUTERS/Stephane Mahe - The logo of France Travail in Machecoul - FRANCE-ECONOMY/UNEMPLOYMENT
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Chômage : un allocataire sur cinq retravaille avant indemnisation
Une étude de l’Unédic montre que si les reprises d’emploi sont rapides après une inscription au chômage, elles débouchent le plus souvent sur des trajectoires instables et peu durables.
Près d’un allocataire sur cinq retrouve un emploi avant même le versement de sa première indemnisation chômage. Mais ces reprises précoces débouchent rarement sur des emplois stables, selon une étude de l’Unédic publiée lundi, qui met en lumière des trajectoires de plus en plus fragmentées entre emploi et chômage.
L’organisme observe que la dynamique de retour à l’emploi est particulièrement forte au moment de l’ouverture des droits. « La probabilité de la première reprise d’emploi se situe entre 18 % et 22 % avant même d’avoir été indemnisé », indique-t-il. Ce rythme ralentit rapidement dès l’entrée dans le dispositif. « Ce taux descend à « entre 9 % et 11 % au premier mois d’indemnisation et entre 7 % et 9 % au deuxième mois d’indemnisation », selon les durées potentielles de droits d’indemnisation, poursuit l’étude disponible en ligne.
Puis la probabilité de retour à l’emploi continue de décroître. « Cette probabilité continue ensuite de baisser progressivement », mais, au total, « au quatrième mois d’indemnisation, la probabilité d’avoir repris un emploi atteint les 50 % », est-il relevé.
Des reprises d’emploi souvent instables
Si les reprises d’emploi interviennent rapidement pour une part significative des allocataires, elles restent majoritairement précaires. L’étude souligne en effet que « la première reprise d’emploi ne se traduit par une sortie pérenne du chômage indemnisé que pour un allocataire sur quatre ».
Dans le détail, les trajectoires sont souvent discontinues. « Seul un tiers des premiers emplois repris durent six mois ou plus, augmentant ainsi les risques de trajectoires alternant emploi et chômage », en particulier chez les travailleurs intérimaires.
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Cette instabilité est d’autant plus marquée que les profils des allocataires sont très hétérogènes. L’Unédic s’est penchée sur la situation jusqu’en 2025 de 1,7 million de personnes ayant ouvert des droits en 2022, pour des durées d’indemnisation pouvant aller jusqu’à deux ans.
Les allocataires disposant de droits longs, jusqu’à 24 mois, sont en moyenne plus âgés et plus diplômés, et se retrouvent plus souvent au chômage après la perte d’un CDI. À l’inverse, ceux ayant des droits compris entre 6 et 23 mois sont plus jeunes et moins qualifiés, et ont davantage perdu leur emploi à l’issue d’un CDD ou d’une mission d’intérim.
Le débat politique sur l’assurance chômage relancé
Ces données interviennent dans un contexte de nouvelle tension sur la réforme de l’assurance chômage. Plusieurs responsables politiques souhaitent durcir les conditions d’indemnisation afin d’accélérer les retours à l’emploi.
Les candidats à la présidentielle Bruno Retailleau (LR) et Gabriel Attal (Renaissance) ont ainsi exprimé leur volonté de réformer à nouveau le dispositif. De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu mise sur un vote rapide de l’Assemblée nationale mardi pour réduire la durée d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle, dans l’objectif affiché de renforcer les incitations au retour à l’emploi.
Dans ce contexte, l’étude de l’Unédic rappelle que si les sorties rapides du chômage existent, elles ne se traduisent qu’assez rarement par des trajectoires professionnelles stabilisées.