Le cours de la biotech lyonnaise THX Pharma a bondi le 11 février dernier. Le fruit de l'accord stratégique signé avec la société biopharmaceutique Biocodex concernant le rachat de deux de ses licences concernant des médicaments pour des maladies rares. Un contrat, dont le montant pourrait atteindre les 173 millions d'euros.Alors que le contexte est plutôt morose pour les biotech françaises, la société lyonnaise THX Pharma (ex Theranexus), issue de recherches CEA et spécialisée dans le développement de thérapies pour les maladies rares, a vu le prix de son action quasiment doublé (passant de 2,4 euros à 4,05 euros) le 11 février dernier. Les marchés ont salué l'accord stratégique signé avec le laboratoire pharmaceutique français indépendant, Biocodex - qui fabrique depuis 1980 le célèbre antidiarrhéique Ultra-Levure -, lui octroyant les droits mondiaux et nord-américains de deux candidats médicaments, Batten-1 et TX01 dédiés à trois maladies rares : Batten, Gaucher et Niemann-Pick de type C, qui touchent chacune 2 à 3 000 patients.
Cet accord pourrait rapporter jusqu'à 173 millions d'euros à THX Pharma, avec une première part de 12 millions d'euros obtenus à la signature et 161 millions d'euros qui seront distribués au gré des développements et de la commercialisation. S'ajouteront ensuite des redevances à deux chiffres sur les ventes nettes.
Un développement sécurisé
Grâce à ces perspectives, qui s'ajoutent à une augmentation de capital de 8 millions d'euros réalisée en octobre dernier, la biotech créée en 2013 et cotée depuis 2017, dit ainsi avoir les mains libres pour déployer sa feuille de route stratégique.
« A la différence de beaucoup de biotechs, le financement n'est plus un enjeu pour nous. Nous avons un cash burn de 2 millions d'euros par an. Les prochaines étapes d'innovation et cliniques sont financées sans que nous ayons besoin de faire appel aux marchés », révèle Mathieu Charvériat, co-fondateur de THX Pharma avec Franck Mouthon. Ce, après une année 2024 difficile.
Les résultats publiés par la biotech l'an dernier attestant de l'amélioration de l'acuité visuelle apportée par le traitement de Batten-1, et la présentation au marché d'un plan de développement optimisé en octobre 2025 ont attiré trois industriels : deux américains et un français, précise le président de la société. Le choix de Biocodex résulte de son expertise dans les maladies rares et sa présence dans une centaine de pays, confie-t-il.