« Le chômage s’établira un peu au-dessus de 8 % d’ici à la fin 2026 »
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Fabien Bossy est chef économiste France au sein de la banque d’investissement de la Société Générale.
DR - Société Générale
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Fabien Bossy est chef économiste France au sein de la banque d’investissement de la Société Générale.
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LA TRIBUNE : Comment qualifieriez-vous l’année écoulée sur le plan économique ?
FABIEN BOSSY : C’est assez surprenant de lire que 2025 aurait été une année « satisfaisante » parce que la croissance du PIB a résisté à 0,9 %. En remettant les éléments en perspective, on constate que sur les 25 dernières années, elle se classe au 20e rang en termes de croissance. Et il faut souligner que cette croissance a été tirée pour moitié par la demande publique, ce qui n’est pas forcément la meilleure composition.
Diriez-vous que la croissance tricolore est en trompe-l’œil ?
L’activité a été poussée – assez significativement – par la production industrielle du secteur aéronautique au second semestre. Mais il y a un effet de rattrapage des problèmes d’approvisionnement que ce secteur a connus après la pandémie de Covid-19. Il est vrai que si on regarde de plus près, ça reste une année très moyenne concernant les grands indicateurs : la consommation et l’investissement des ménages et des entreprises. Par exemple, la consommation des ménages n’a augmenté que de 0,4 % en 2025. C’est la quatrième pire année du 21ᵉ siècle.
Le chômage va-t-il continuer à progresser en 2026 ?
Le chômage a augmenté sur un an, entre le quatrième trimestre 2024 et le quatrième trimestre 2025, à hauteur de 0,6 point, selon l’Insee. Ce n’est pas catastrophique, mais ce n’est évidemment pas satisfaisant. De notre côté, on formule l’hypothèse qu’il s’établira un peu au-dessus de 8 % d’ici à la fin 2026. D’autant que les enquêtes de confiance menées auprès des entreprises n’incitent pas à penser qu’il y aura une accélération rapide de l’emploi : l’indicateur de climat de l’emploi a atteint un nouveau point bas en janvier (93,1) depuis 2021.
En parallèle, on a pu constater une hausse des défaillances d’entreprises qui arrivent presque à 70 000 en 2025…
Il n’y a pas vraiment de surprises, car il faut garder en tête que nous sommes dans une phase basse du cycle des affaires. C’est un phénomène que l’on a déjà pu longuement observer après la crise financière jusqu’en 2015. Là encore, il y a aussi un effet de rattrapage post-pandémie qui joue, avec des entreprises qui ont surmonté la crise sanitaire grâce aux aides publiques, ce qui avait fait chuter très fortement le nombre de défaillances en 2020 et 2021.