INFOGRAPHIES. L’emploi salarié a perdu quelque 40 000 postes sur un an au quatrième trimestre 2025, d’après les chiffres de la Dares. Bien qu’entraîné dans une spirale de baisse depuis deux ans, il reste supérieur à ses niveaux d’avant-Covid.
L’emploi salarié privé s’est encore replié en France au quatrième trimestre, de -0,1 %, selon les chiffres du service statistique du ministère du Travail (Dares) publiés ce mercredi. Cela représente une perte de 28 700 emplois sur trois mois, quasi similaire à celle du troisième trimestre (-27 300 emplois).
Sur un an, l'emploi salarié dans le secteur privé a reculé de façon un peu plus prononcée, de -0,2 %. Soit 40 800 emplois détruits par rapport à la même période un an plus tôt et un cinquième trimestre consécutif de baisse, confirmant encore un peu plus le ralentissement du marché du travail en France.
Pour autant, malgré cette baisse, l’emploi salarié « excède encore largement son niveau d’avant-crise sanitaire, en 2019, de +5,3 % (soit +1,1 million d’emplois) », indiquait l'Insee fin janvier, dans son estimation provisoire du quatrième trimestre.
12e trimestre consécutif de repli pour la construction
Dans le détail, l’emploi salarié privé a reculé au quatrième trimestre de 2025 dans quasiment tous les secteurs. Seule l’agriculture se démarque, avec une hausse de 2,6 % (soit +8 100 emplois), qui ne compense toutefois pas la baisse du trimestre précédent (-3,5 %, soit 11 500 emplois en moins). « Le repli du troisième trimestre provenait de vendanges particulièrement précoces en 2025, plus concentrées en août que d’habitude, ce qui avait entraîné un nombre inhabituellement faible d’emplois dans le secteur en septembre », expliquait l’Insee.
Sur un an en revanche, l’agriculture est le secteur ayant enregistré la plus forte baisse en valeur (-1,2 %), soit 4 000 postes en moins. C’est toutefois bien moindre, en volume, que le tertiaire marchand, qui a perdu 21 900 postes sur un an – reste qu’en valeur, cela représente une baisse de « seulement » 0,2 %.
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Dans l’industrie et la construction, la baisse de l’emploi a respectivement entamé, au quatrième trimestre 2025, son 5ᵉ et 12ᵉ trimestre consécutif de repli. De -0,1 % (-3 200 postes) pour l’industrie et -0,5 % (-7 700 postes) pour la construction. Mais ces deux secteurs conservent des niveaux supérieurs à l’avant-crise sanitaire (+2 %, soit +61 000 emplois pour l’industrie et +3,9 %, soit +58 100 emplois, pour la construction).
En ce qui concerne le tertiaire, l’emploi y a aussi reculé au quatrième trimestre 2025. Que ce soit dans le non marchand (-0,4 %, soit -12 000 postes) comme dans le marchand hors intérim (-0,2 %, soit -19 400 postes). Mais, dans un cas comme dans l’autre, son niveau actuel est largement supérieur à celui de fin 2019 (+5,6 %, soit +148 000 emplois, dans le non marchand, et +7,2 %, soit 841 800 postes, dans le marchand).
Le taux de chômage grimpe
La baisse de l’emploi salarié privé n’a pas affecté le taux d’emploi qui se maintient, au quatrième trimestre, au même niveau qu’au précédent (à 69,4 %).
Le taux de chômage au sens du BIT, en revanche, a augmenté. Il s’établit à 7,9 % de la population active, soit +0,2 point par rapport au trimestre précédent et +0,6 point sur un an. « Il est à son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021 », souligne la Dares.
Enfin, dans le même temps, le taux d’activité a progressé de +0,2 point. Il est établi à 75,4 %, soit « le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis que cet indicateur est mesuré par l’Insee », précise l’organisme.
Moins de difficultés de recrutement
Excepté l’industrie, tous les autres secteurs ont profité d’une baisse des difficultés de recrutement. C’est toutefois dans la construction que les entreprises sont le plus concernées : six entreprises sur dix (60,8 %) ont déclaré en rencontrer en janvier 2026, contre moins de quatre sur dix (38,7 %) dans l’industrie et trois sur dix (30,1 %) dans les services.
Si l’on compare la situation sur un an, la proportion d’entreprises concernées par des difficultés de recrutement a baissé dans l’ensemble des secteurs, à l’exception de l’intérim pour lequel elle a légèrement augmenté. Elle reste néanmoins inférieure aux niveaux records observés début 2023, tous secteurs confondus.