CARTE. Le coût des catastrophes naturelles a baissé de près de 40 % en 2025 par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 224 milliards de dollars (192 milliards d'euros). Un fort recul lié principalement à l’absence d'ouragan ayant touché les côtes des États-Unis, une exception sur les dix dernières années.
224 milliards de dollars (environ 192 milliards d’euros) : tel est le lourd bilan financier des catastrophes naturelles dans le monde en 2025, d’après les chiffres du réassureur Munich Re publiés ce mardi. Bonne nouvelle néanmoins, et c’est probablement la seule dont on peut se réjouir : ce coût important est en recul de -39,1 % par rapport à 2024.
Sur ce total, 108 milliards de dollars de pertes étaient assurés. Un montant là aussi en large baisse sur un an puisqu'il représentait 147 milliards en 2024.
Le coût des catastrophes naturelles n’avait jamais été aussi bas depuis l’année 2020, où il s’était élevé à 210 milliards de dollars. « Cela s'explique notamment par le fait qu'aucun ouragan n'a frappé le territoire continental des États-Unis, même si de violentes tempêtes s'y sont produites », peut-on lire dans le rapport de Munich Re.
Ce que Thomas Blunck, membre du conseil d'administration du réassureur allemand, qualifie de « pur coup de chance » puisque cela faisait dix ans d’affilée que le pays de l’Oncle Sam était touché par un tel phénomène, aux conséquences matérielles et humaines généralement conséquentes.
L’Amérique du Nord – incluant l’Amérique centrale et les Caraïbes – reste néanmoins la région du globe ayant subi le plus de pertes en 2025. 133 milliards de dollars de dégâts ont été recensés, dont une grande partie (93 milliards de dollars) était assurée.
C’est bien plus que les pertes enregistrées dans la zone bien plus large englobant l’Afrique et l’Asie Pacifique (76 milliards de dollars). À la différence ici que seule une toute petite partie (9,6 milliards) était assurée. Du côté de l’Europe, le coût s’élève à 11 milliards de dollars, dont près de la moitié était assurée.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Un coût humain aussi très élevé
Bien qu’épargnés par les ouragans, les États-Unis ont essuyé la catastrophe la plus dévastatrice de 2025. Ce, dès le début de l’année avec les violents incendies de forêts qui ont ravagé la région de Los Angeles, à l’ouest du pays, à partir de début janvier et pendant plus d’un mois. À lui seul, cet épisode a coûté 53 milliards de dollars, dont près de 40 milliards de dollars assurés.
Autre catastrophe particulièrement dévastatrice de 2025 : le séisme de magnitude 7,7 au Myanmar. Sur les 12 milliards de dollars de pertes, seule une petite partie était assurée. « Ce fut avant tout une tragédie humanitaire, avec environ 4 500 victimes », relève aussi Munich Re, rappelant que les catastrophes naturelles ont des coûts humains très élevés. Au total, 17 200 morts ont été comptabilisés par le réassureur dans le monde en 2025, toutes catastrophes naturelles confondues.
« Le tableau d'ensemble est alarmant » en 2025, souligne le rapport. Et d’ajouter, un peu plus loin : « Il est frappant de constater le nombre d'événements extrêmes probablement influencés par le changement climatique ». Trois ouragans de catégorie 5, la plus élevée, se sont par exemple formés dans l’Atlantique Nord tropical alors qu’aucun n’y avait été recensé sur les vingt dernières années.
Et la raison n’est pas à chercher bien loin. « Le réchauffement climatique accroît la probabilité de catastrophes météorologiques extrêmes », rappelle Tobias Grimm, climatologue en chef de Munich Re. « Dans les circonstances actuelles, le changement climatique pourrait s’aggraver », ajoute-t-il. Le pire pourrait n’être qu’à venir.