En fusionnant trois pépites medtechs, dont deux basées dans le Sud, en une seule entité, Truffle Capital cherche à démocratiser la cardiologie interventionnelle et s’imposer sur un marché estimé à 23 milliards de dollars d’ici à 2030.Depuis quelques jours, les rumeurs bruissent et profitent à Abivax. Portés par des spéculations sur un éventuel rachat par l’Américain Eli Lilly, prêt à mettre sur la table 15 milliards de dollars, les titres de la biotech spécialisée dans les maladies inflammatoires de l’intestin bondissent, enregistrant jeudi 15 janvier la plus forte hausse du SBF 120. « Ce ne sont que des rumeurs, je n’ai donc pas de commentaire à faire mais je ne peux que me réjouir de cette formidable réussite », réagit Philippe Pouletty, directeur général de Truffle Capital d’où sont issues les trois jeunes pousses françaises, Wittycell, Splicos et Zophis, dont la fusion en 2013 a donné naissance à Abivax.
Bis repetita
Une opération que le capital-risqueur entend bien réitérer dans le domaine des medtechs, en particulier celui de la cardiologie interventionnelle. C’est tout l’objet de l’acquisition prochaine de Caranx Medical basée à Nice et d’Artedrone, à Paris, par l’aixoise Affluent Medical, qui sera effective le 30 janvier. L’ensemble, composé d’une centaine de personnes, sera regroupé dans une nouvelle medtech baptisée Carvolix. « Il y a trop de petites biotechs / medtechs en France et en Europe qui ne vont nulle part et se font racheter trop tôt par un Américain, un Suisse ou un Chinois parce qu’elles ont des capitalisations trop faibles, qu’un seul produit ou du mal à attirer un management international, constate Philippe Pouletty. Combiner les trois entités, c’est créer une expertise et des synergies profondes tant technologiques que commerciales permettant d’accélérer l’innovation et de structurer un pipeline de développement solide et durable ». Et aussi de conforter un investissement global d’environ 180 millions d’euros depuis la création de celles-ci.
Démocratiser la cardiologie interventionnelle
Carvolix portera donc le développement et la commercialisation de cinq produits indépendants les uns des autres mais qui visent tous à démocratiser la cardiologie interventionnelle pour répondre à deux besoins majeurs, le remplacement des valves cardiaques et la prise en charge en urgence de l’AVC ischémique, 2e cause de mortalité dans le monde. Le marché est estimé à 23 milliards de dollars d’ici à 2030. « Ce sont des gestes très complexes, manuels, réservés aux cardiologues très entraînés dont la courbe d’apprentissage est longue, alors que les besoins sont énormes. Notre idée est donc de rendre avec nos technologies les laboratoires de cathétérisme cardiaque aussi autonomes et efficaces qu’un cockpit d’avion pour traiter beaucoup plus de patients souffrant de valvulopathies ou d’AVC. »