Selon le 8e baromètre Syndex/Ifop : 58 % des représentants du personnel estiment aujourd'hui que l'état d'esprit de leur direction est tendu, contre 31 % en 2018.
Photographer - Lilian Cazabet / Hans Lucas via - Lilian Cazabet / Hans Lucas - Lilian Cazabet
Selon la 8ᵉ édition du baromètre du dialogue social Syndex/Ifop, l’incertitude politique pèse fortement sur les relations sociales en entreprise.
Interrogé jeudi 22 janvier, sur France Info, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a réagi à la publication du livre polémique « Sauver la démocratie sociale », qui propose notamment d’interdire les grèves pendant les négociations sociales et de réduire le nombre d’organisations syndicales. L'ancien patron de la SNCF a balayé ces pistes sans détour, rappelant qu’« aucune réforme ne pourra se faire sans dialogue social ».
Le même jour, le cabinet Syndex et l’Ifop ont rendu publique la huitième édition de leur baromètre sur le dialogue social dans les entreprises françaises. Menée auprès de 1 300 salariés du secteur privé, cette étude dresse un état des lieux des relations sociales en entreprise, aujourd’hui aggravé par l’instabilité politique à l'œuvre depuis fin 2024.
L’incertitude politique fragilise le dialogue social
L’instabilité politique, source d’incertitude pour les entreprises, constitue un frein au dialogue social, en particulier dans les structures dépendantes de financements publics selon l'étude Syndex/Ifop.
Un diagnostic partagé par Claire Morel, membre du comité de direction de Syndex qui explique que « l’incertitude politique peut conduire à une absence de visibilité économique et à des difficultés dans la définition des stratégies d’entreprise, entraînant des retards et des incertitudes (...) qui contribuent à tendre le dialogue social ». Elle cite en exemple « l’attente, pour les représentants du personnel, de la transposition de la directive sur la transparence salariale, prévue dans la loi d’ici juin 2026 ».
En 2025, seuls 65 % des représentants du personnel jugent la situation économique de leur entreprise satisfaisante, contre 74 % en 2018, lors du lancement du baromètre. Un décrochage inédit, souligne Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion & stratégies d’entreprise à l’Ifop : « ce chiffre est au plus bas niveau depuis 2018. Malgré les crises traversées — gilets jaunes, pandémie — la baisse s’accentue à partir d’octobre 2024, avec l’entrée du pays dans la crise politique ».
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