Lutte contre la désertification des centres-villes : peut mieux faire
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

A Grasse, le taux de vacance moyen atteint les 17%.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

A Grasse, le taux de vacance moyen atteint les 17%.
DR
Trois axes, neuf mesures : la feuille de route opérationnelle pour soutenir le commerce de proximité face à la mutation profonde du secteur et la distorsion de concurrence des plateformes e-commerce a été dévoilée début novembre. Elle s’appuie sur un rapport commandé en mai 2025 par le précédent gouvernement, identifiant 30 recommandations pour redynamiser les centres-villes. Il faut dire qu’il y a urgence. En deux ans, la vacance commerciale a fortement accéléré pour s’établir à 10,64%, alimentée par l’augmentation des défaillances d’entreprises, les enseignes locomotives du prêt-à-porter en tête. Dès lors, le moteur tousse, voire s’étouffe, dans un contexte peu favorable, entre la baisse continue de la consommation des ménages et la hausse de leur taux d’épargne, passé de 14% à 19% entre 2019 et 2025. Pour autant, le chiffre d’affaires du e-commerce a atteint 175,3 milliards d’euros. Preuve que « le commerce n’est pas mort, il se transforme, poussé par une mutation totale des comportements d’achat des consommateurs et une ubérisation de certains métiers qui font que des pans d’activité ne peuvent plus s’installer », relève Frédéric Herter, directeur général d’ACE Immobilier d’entreprise, commercialisateur et administrateur de locaux professionnels entre Menton et Toulon.
Dans ce contexte, le plan d’actions apparaît « peu détonnant », estime Hélène Roubaud, directrice générale adjointe au service de l’attractivité territoriale de la ville de Grasse. « La plupart des mesures présentées existent, en particulier sur le volet financement avec les foncières de redynamisation, les managers de commerce ou encore le dispositif Action Cœur de Ville dont Grasse disposent déjà. » Il faut dire que la Cité des Parfums fait figure de pionnière en la matière. La ville, particulièrement sinistrée, affiche un taux de vacance moyen de 17% qui peut grimper jusqu’à 30% sur certaines artères de son centre historique, en contradiction totale avec sa renommée internationale.