Avec plus de 1 240 milliards de dollars, le déficit commercial américain a atteint des sommets en 2025. La politique commerciale agressive des États-Unis, censée rééquilibrer les échanges entre le pays et ses partenaires commerciaux, n'a pas aidé davantage la balance commerciale.
Un record. Le déficit commercial des États-Unis a atteint 1 241 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année 2025, soit 2,1 % de plus que l'année précédente, atteignant ainsi un nouveau record, selon les données publiées jeudi par le département du Commerce.
Les chiffres. Les importations de biens en 2025 ont malgré tout progressé pour atteindre 3 438 milliards de dollars, celles concernant les services 895 milliards de dollars, portés notamment par une hausse marquée des biens d'investissement, des pièces métalliques pour l'industrie ou encore le voyage du côté des services.
Les exportations ont également progressé, moins cependant, et se sont établies à 2 197 milliards de dollars pour les biens, 1 235 milliards pour les services, grâce notamment à l'industrie aéronautique, au secteur énergétique et aux produits pharmaceutiques.
Sur le dernier mois de l'année, la balance commerciale des biens et services a vu son déficit s'accélérer pour s'établir à 70,3 milliards de dollars, soit une hausse de 32,6 % par rapport au mois de novembre. C'est bien plus que ce qu'anticipaient les marchés, qui s'attendaient plutôt à un déficit commercial de l'ordre de 56 milliards de dollars en décembre, selon le consensus publié par MarketWatch.
Pourquoi un tel creusement ? La dégradation s'explique par une hausse plus importante des importations que des exportations sur l'ensemble de l'année, malgré la mise en place de droits de douane sur une bonne part des produits entrants aux États-Unis.
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Les droits de douane mis en place par le président américain Donald Trump en 2025, avec de nombreuses variations, devaient en premier lieu, selon lui, rééquilibrer les échanges commerciaux entre les États-Unis et ses principaux partenaires, visant en particulier, outre la Chine, des pays comme le Canada et le Mexique, ainsi que l'Union européenne (UE).
Selon Chad Brown, chercheur pour PIIE, l'une des causes est à chercher du côté des investissements en intelligence artificielle, qui nécessitent « à la fois des semi-conducteurs avancés mais aussi des circuits imprimés et les chariots des centres de données où les installer ».
En décembre, le creusement s'explique à la fois par une baisse des exportations et une hausse des importations. En cause, une baisse des exportations d'or non monétaire et une hausse des importations de matières premières, métaux et énergie, ainsi que des biens d'investissement.
Quels pays ont contribué le plus à ce déficit ? Concernant la répartition géographique, l'UE, la Chine et le Mexique sont les trois pays ou régions avec lesquels les États-Unis ont le plus important déficit commercial, alors que le Vietnam et Taïwan sont au pied de ce podium. Sur le dernier mois de l'année, confirmant la tendance observée sur le dernier trimestre, le déficit est plus marqué dans les échanges avec Taïwan, le Vietnam et le Mexique, ce qui vient confirmer une évolution des circuits commerciaux vers les États-Unis.
Dans le cas de l'UE, le déficit commercial américain annuel a atteint 218,8 milliards de dollars, et s'est particulièrement concentré dans les échanges avec quatre pays européens : l'Allemagne, la France, l'Irlande et l'Italie. À l’inverse, les États-Unis dégagent un surplus commercial vis-à-vis des pays du Benelux, principalement les Pays-Bas. En Europe hors UE, c'est également le cas dans les échanges avec le Royaume-Uni.