Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, qui ne peut se permettre de perdre plus d’une voix sur sa majorité républicaine de 218 contre 214.
Les élus américains se prononcent aujourd’hui sur l’annulation de l’état d’urgence nationale invoqué par Donald Trump pour taxer les produits canadiens. Ce vote intervient après le rejet par les parlementaires d’un texte républicain visant à geler toute contestation. Les démocrates cherchent ainsi à stopper des mesures jugées coûteuses pour les ménages et les entreprises.
La Chambre des représentants doit se prononcer ce mercredi pour mettre fin à l’invocation par Donald Trump de l’état d’urgence nationale. L’objectif : bloquer les mesures commerciales punitives sur les produits canadiens. Ce vote pourrait permettre aux démocrates d’annuler ces taxes. Ces derniers ont également déposé des résolutions visant le Mexique et d’autres pays.
Mardi, les parlementaires ont rejeté, à 217 voix contre 214, un projet de loi républicain visant à interdire ces contestations jusqu’au 31 juillet. Trois républicains se sont joints aux 214 démocrates opposants. « Je n’aime pas mettre en pause le travail important de la Chambre, mais le Congrès doit pouvoir débattre des droits de douane », a déclaré le représentant Don Bacon, l’un des républicains ayant rejeté l’interdiction.
Un coût pour les familles américaines
Les républicains avaient d’abord verrouillé les contestations tarifaires en mars dernier, avant de prolonger ce gel jusqu’en janvier. Mais cette règle a expiré sous la pression d’élus inquiets du coût pour les ménages et les entreprises dépendantes du commerce international.
« Les droits de douane ont eu un impact négatif net sur l’économie et constituent une taxe importante que les consommateurs, les fabricants et les agriculteurs américains paient », a déclaré le législateur du Nebraska, Don Bacon, sur X.
Le mois dernier, le Yale Budget Lab a évalué le coût médian annuel de ces taxes à environ 1 400 dollars par ménage. La Tax Foundation, organisme non partisan, estime ce surcoût à 1 000 dollars en 2025 et 1 300 dollars cette année.
Une décision de la Cour suprême attendue à tout moment
Le résultat de mardi représente un défi majeur pour le président de la Chambre, Mike Johnson. Sa majorité est fragile (218 voix contre 214) et ne tolère aucune défection face au bloc démocrate. Plus tôt dans la journée, il espérait pourtant valider l’interdiction, la jugeant nécessaire avant un arbitrage imminent de la Cour suprême.
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En parallèle, la haute juridiction doit se prononcer sur la constitutionnalité de ces droits de douane, présentés par Donald Trump comme « réciproques ». La décision peut tomber à tout moment.
Annoncés en avril dernier, ces tarifs visaient les pays avec lesquels les États-Unis affichent un déficit commercial. Le président américain les présentait comme un outil de rééquilibrage et une source de revenus pour l’État fédéral, tout en prônant, par ailleurs, des baisses d’impôts massives.
L’argument de la sécurité nationale contesté
Plusieurs États démocrates et de petites entreprises estiment que Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs. Ce dernier s’appuie sur l’argument de la sécurité nationale pour justifier ces taxes globales.
Des juridictions fédérales ont entendu les plaignants. Elles estiment que ces droits de douane indiscriminés excèdent les pouvoirs présidentiels, l’impôt restant une prérogative du Congrès. Elles refusent toutefois d’annuler les mesures tant que les recours du gouvernement ne sont pas épuisés.
Plusieurs entreprises, dont les filiales du japonais Toyota ou le géant Costco, ont déjà saisi le Tribunal américain du commerce international. Elles réclament le remboursement des surtaxes, espérant que la Cour suprême les jugera anticonstitutionnelles.