Corinne Vezzoni : « Nous avons besoin de logements, soyons inventifs ! »
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Corinne Vezzoni plaide pour une transformation de la ville qui prenne en compte la situation plutôt qu'un scénario prédéfini.
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Corinne Vezzoni plaide pour une transformation de la ville qui prenne en compte la situation plutôt qu'un scénario prédéfini.
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LA TRIBUNE : Vous avez été nommée architecte-conseil de l’Etat, après avoir assuré durant quatre ans cette fonction pour la ville de Lyon. En quoi cela consiste-t-il ?
CORINNE VEZZONI : Il s’agit d’aviser de la qualité des projets de construction et d’aménagement urbain sur le périmètre d’une ville, d’une métropole ou d’une région. L’objectif étant de pousser plus loin tout un tas de questions, en particulier celles ayant trait à l’environnement, au logement, à l’écologie des matériaux, à la mobilité, à la décarbonation. Ce sont des sujets qui me sont chers et qui intéressent de plus en plus le citoyen. A Lyon, par exemple, une des grandes réussites du mandat a été d’amener les transporteurs à décharger leur cargaison au port fluvial afin de délester le centre-ville des camions de transport, lesquels ont été remplacés par des navettes électriques et des vélos cargo. A cet égard, il y a des villes qui sont très en avance comme Lyon, Bordeaux, Grenoble, Paris, d’autres un peu moins. Je constate que plus on descend vers le Sud, moins on est sensible à ces sujets-là. Cela dit, certaines collectivités comme Nice et Toulon sont en train de se transformer et de laisser place à la nature. Disons qu’elles partent d’un peu plus loin.
Comment l’architecte peut-il accompagner cette transformation de la ville ?
Il y a des quantités de voies possibles. Pour ma part, je privilégie celle de la situation. On ne construit pas au Havre comme on construit à Marseille. Je lutte depuis des années contre l’uniformité de ces villes nouvelles, neutres, anodines, aseptisées. Pourquoi les nouveaux quartiers se ressemblent-ils tous ? De même, on ne se protège pas du soleil partout de la même manière. Il y a une question de justesse par rapport au site. En fait, il s’agit d’aller au plus près du terrain et de regarder ce que nous dicte l’histoire du lieu. Les anciens avaient une grande intelligence de situation. En Méditerranée par exemple, les villes étaient inscrites dans la pente dont elles tiraient parti, tant pour les échanges thermiques que pour la mutualisation des espaces, chaque toit pouvant servir à l’habitant du dessus. De cette façon-là, on compactait et on évitait l’étalement urbain pour préserver les terrains consacrés à l’agriculture.