Le patron de la Caisse des Dépôts, Olivier Sichel, réagit pour La Tribune au récent rapport publié par le Conseil des prélèvements obligatoires qui préconise une réforme du livret A. Le dirigeant de l’institution financière n’est pas convaincu.Le 1er décembre, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), institution rattachée à la Cour des comptes, a publié un rapport intitulé « Corriger les principales distorsions de l’imposition du patrimoine ». Un document de 226 pages qui a beaucoup fait réagir en plein débat budgétaire au Parlement, notamment parce qu’il propose la création d’un impôt différentiel sur la fortune personnelle.
Dans ce long rapport, les 16 membres du CPO – 8 magistrats ou hauts fonctionnaires et 8 personnalités qualifiées – ont aussi proposé « d’harmoniser les plafonds du livret A et du LDDS (livret de développement durable et solidaire) et de soumettre à l’imposition de droit commun les dépôts excédant ce plafond ».
Des préconisations qu’à la Caisse des Dépôts – qui gère 60 % de la ressource du livret A, du LDDS et du LEP, pour financer, entre autres, le logement social –, on a accueillies avec circonspection. « Nous avons été très surpris de ces propositions, réagit Olivier Sichel, le directeur général de l’institution financière. À aucun moment nous n’avons été consultés. »
D’autant qu’on ne parle pas ici de n’importe quel produit de l’épargne réglementée. Dans son rapport de juillet 2025, la Banque de France rappelait l’incroyable popularité du livret A, dont la très grande liquidité est le principal atout. En chiffres, cela donne : 58 millions de livrets ouverts, 83 % des Français qui en détiennent un et un encours global – livret A, LDDS et LEP – de plus de 680 milliards d’euros à la fin octobre.