La Banque de France pourrait réviser sa projection de croissance fin mars compte tenu de la guerre au Moyen Orient.
CP/CHM/ - CHARLES PLATIAU - CHARLES PLATIAU
La Banque de France n’a pas révisé à la baisse sa prévision de croissance du PIB, entre 0,2 % et 0,3 %, pour le premier trimestre malgré la guerre au Moyen-Orient. Mais, l’institution redoute des effets sur l’activité au second trimestre.
La Banque de France table néanmoins sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) entre 0,2 et 0,3 % au premier trimestre 2026, dans sa dernière enquête mensuelle de conjoncture dévoilée ce mardi 10 mars. Les économistes n’ont pas révisé à la baisse leurs prévisions pour le premier trimestre, en dépit de la situation tendue au Moyen-Orient et du chaos sur le commerce mondial de l’énergie.
À ce stade, Bercy a écarté des mesures de politique économique pour limiter l’impact sur les ménages et les entreprises. Les ministres sont envoyés sur les plateaux pour tenter de rassurer l’opinion publique sur les effets «limités» de cette guerre. Mais un possible prolongement et une intensification du conflit pourraient changer la donne. Sur les marchés, l’indice Vix de la peur, très scruté par les investisseurs pour mesurer la volatilité, avait culminé ce lundi à un niveau record depuis le printemps 2025, avant de redescendre en milieu de journée.
Croissance : des craintes sur le second trimestre
Dans l’enquête de la banque centrale réalisée entre le 25 février et le 4 mars, les deux tiers des réponses ont été collectées après le début des la guerre au Moyen-Orient. Il est possible, selon la Banque de France, que les conséquences de cette crise se répercutent sur l’activité du second trimestre plutôt que sur la première partie de l’année, compte tenu du calendrier des événements.
Tout va dépendre en effet de la durée du conflit. Mais le scénario d’une guerre éclair exprimé par Donald Trump pourrait s’avérer caduc si les forces en conflit ne trouvent pas rapidement de solutions de désescalade. Dans cette configuration, la menace d’une «stagflation», c’est-à-dire une croissance atone et une inflation en hausse, pourrait rapidement apparaître, à l’instar des années 1970. Dans le détail, la construction, l’énergie et les déchets pourraient plonger dans le rouge dès le premier trimestre, selon la Banque de France.
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