Les défaillances d'entreprises se sont envolées au dernier trimestre, présageant du niveau historique que devraient représenter les chiffres de l'année 2025, selon une dernière étude publiée par le cabinet Allianz Trade.Alors que les deux premiers trimestres affichaient une « croissance des défaillances en perte de dynamique », le troisième trimestre a été marqué par une hausse importante des défaillances d'entreprises, révèle Allianz Trade dans sa dernière étude. Ce, en raison d'un très fort rebond enregistré en septembre, qui en fait le « mois avec le plus de faillites recensées depuis 1990 », explique Maxime Lermerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade. Des chiffres qui reflètent en réalité la situation globale de l'année :
« Nous sommes sur une année 2025 qui va afficher un niveau historique . Nous allons aller très au-delà de ce que l'on avait pu constater historiquement dans les moments les plus compliqués de l'économie française : les années de la Grande récession ou de la grande crise financière de 2008-2010, ou encore la crise européenne. On était autour de 63.000 faillites et là nous devrions dépasser les 67.500 liquidations ».
Conjoncture, incertitude et droits de douane
Si les chiffres sont éloquents, le responsable de recherche explique qu'ils étaient attendus. Suite à la pandémie et au conflit en Ukraine - qui a entraîné une hausse du prix de l'énergie -, les entreprises ont bénéficié d'un fort soutien financier de la part de l'Etat, ayant permis d'éviter un certain nombre de défaillances, pour celles qui étaient alors sur une ligne de crête. L'équivalent « d'une année entière » selon Maxime Lemerle. Résultat : aujourd'hui, une partie des volumes actuels de défaillances intègre encore ces « défaillances manquées ». Volume qui s'estompe et continuera à se réduire dans les années à venir.
A cet effet de « rattrapage » s'ajoute les difficultés de financement actuellement rencontrées par les entrepreneurs, avec une baisse du soutien de l'Etat et une hausse rapide des taux, ayant mis fin à une période « d'argent gratuit ». Mais ces seuls éléments n'expliquent pas seuls, les causes de la situation actuelle, qui sont multiples.