Oracle perd 400 milliards en 4 mois : la bulle de l’IA face au choc de rentabilité

Oracle, le géant américain des centres de données, a de nouveau chuté en Bourse.
/FW1FP/Alan Barona - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

Oracle, le géant américain des centres de données, a de nouveau chuté en Bourse.
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Assiste-t-on aux prémisses d’une bulle ? Oracle, le géant américain des centres de données, a de nouveau chuté en Bourse. Depuis son pic en septembre, l’entreprise de Larry Ellison a perdu 45 % en à peine quatre mois, soit une perte de valorisation de 400 milliards de dollars. Un « coup dur » pour le patron qui était devenu en septembre, l’espace d’un court instant, l’homme le plus riche du monde en septembre, devant Elon Musk. Il vient de reculer à la quatrième place.
Mercredi soir, Oracle a perdu plus de 5 % en clôture et a même entraîné une baisse de presque 2 % du Nasdaq 100, ayant à son bord de nombreuses valeurs tech. La raison ? La publication d’un article du Financial Times indiquant que l’entreprise n’aurait plus le soutien de Blue Owl Capital, un gestionnaire d’actifs et surtout l’un de ses principaux partenaires dans un projet de centre de données à 10 milliards de dollars aux États-Unis (Michigan). Oracle n’a pas tardé à indiquer que l’entreprise avait déjà sélectionné un autre « partenaire financier privilégié », mais cela n’a pas été suffisant pour rassurer les investisseurs.
Dans la course à l’intelligence artificielle, Oracle a dépensé des sommes folles dans les data centers. Et l’entreprise n’est pas la seule, des centaines de milliards sont investis dans ces centres de données, nécessaires pour le développement de l’IA. D’après le cabinet Gartner, les dépenses mondiales en infrastructures dans l’IA devraient même atteindre 1 500 milliards de dollars en 2025.
Or, certains craignent de plus en plus que les géants ne surinvestissent et que les retours sur investissement tardent à se matérialiser. OpenAI, créateur de ChatGPT, a ainsi promis d’acheter à Oracle 300 milliards de dollars de puissance de calcul sur cinq ans. Or la start-up de Sam Altman n’est toujours pas rentable et prévoit de l’être seulement vers 2030. « La déception engendrée par les résultats de l’IA sur le plan des revenus et des gains de productivité pourrait entraîner une brutale réévaluation des valeurs technologiques », a argué en octobre le Fonds monétaire international.
« Oracle est probablement l’exemple type des questionnements relatifs aux dépenses d’investissement (…) et aux interrogations sur les marges réalisées dans le secteur », explique ainsi Art Hogan, analyste de B. Riley Wealth Management, rapporte l’AFP.
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Oracle n’est pas la seule entreprise à avoir baissé en Bourse à cause des inquiétudes d’une bulle. CoreWeave, spécialisé dans les puces, a vu sa capitalisation être divisée par trois et a perdu 7 % après un plus haut en juin. Certains s’interrogent sur la véritable durée de vie des puces, qui seraient plus courtes que prévu.
Les valorisations excessives des acteurs du secteur, ainsi que la multitude d’accords passés dans l’écosystème sont également des arguments qui génèrent des craintes de la part des investisseurs. Beaucoup voient d’un mauvais œil les investissements de certains géants, notamment des fournisseurs, dans des entreprises qui sont leurs clients. Nvidia a ainsi passé en septembre un accord avec OpenAI où elle a promis d’investir 100 milliards de dollars dans la start-up et de lui fournir en échange des puces.