« Il faut considérer le capitalisme familial comme une grande cause nationale » (Renaud Dutreil)
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Renaud Dutreil milite pour une suppression de la fiscalité sur la transmission d'entreprises
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Renaud Dutreil milite pour une suppression de la fiscalité sur la transmission d'entreprises
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LA TRIBUNE - Le Pacte Dutreil est revenu, ces dernières semaines, au cœur de l’actualité. Peut-on revenir sur ce qui vous a poussé, il y a 25 ans, à créer ce Pacte ?
RENAUD DUTREIL - Je suis un peu un objet, pas une personne, moi qui suis depuis plusieurs années une chose posée sur le bureau de notaires. Pendant 20 ans je n’ai pas eu à parler du Pacte Dutreil car il y avait, dans le pays, un consensus, tous partis confondus, pour reconnaître qu’il fallait maintenir en France, un capitalisme familial enraciné, capable de se développer. Depuis quatre ans, il y a une contestation de ce Pacte. A l’époque, nous faisions déjà face au même problème démographique, de nombreux chefs d’entreprises préparaient leurs retraites, et surtout, nous étions en train de perdre énormément d’entreprises de taille intermédiaire (ETI), un mouvement entamé dans les années 80, où la fiscalité sur l’héritage avait été considérablement alourdie. Alors que nos voisins allemands, italiens, suédois voyaient le nombre de leurs ETI augmenter, nous, nous avions une évolution exactement inverse. Nous assistions à une sorte de déménagement du capital des entreprises familiales vers l’étranger. Avec cet impôt confiscatoire de 40%, nous contraignions des familles soit à distribuer énormément de dividendes soit à céder tout ou partie des titres qu’elles détenaient pour s’acquitter de l’impôt. J’avais le sentiment que notre patrimoine était en train de disparaître pour une simple histoire fiscale. Au lieu de diminuer un peu la fiscalité, mon but était de supprimer cet impôt. C’était cela mon intention première, pas de créer le Pacte Dutreil. La bonne fiscalité est une fiscalité sur les flux, cela crée de la valeur, de la valeur partagée. J’ai voulu changer la fiscalité pour que les comportements changent et que les familles se préparent à transmettre le flambeau, que la France conserve ses entreprises familiales.
Quel bilan tirez-vous, vingt ans plus tard, du Pacte Dutreil ?