On ne compte plus les projets d’industrie verte qui ont opté pour le bassin de Fos. En quelques années, l’une des zones les plus polluées de France est en passe de réussir sa totale transformation. Si certains de ces projets sont médiatiquement visibles, d’autres, plus discrets ne cessent pourtant pas d’œuvrer à leur concrétisation.
H4 Marseille-Fos est clairement de ceux-là. Né d’une joint-venture créée il y a presque un an entre le français H2V et l’allemand HyGen, ce projet de production de carburant de synthèse a signé le 10 février dernier les titres d’occupation prenant ainsi officiellement position sur le Môle central, sur une emprise de 46,6 hectares exactement.
Une signature comme un symbole, celui que le projet ne lâche pas sa feuille de route, alors que l’on sait combien il peut être peu évident de passer d’un projet sur le papier à un projet concret.
Que le chemin soit complexe, Alexis Martinez ne le nie pas. Cependant, le CEO de H4 Marseille-Fos confirme que « le projet avance sur plusieurs aspects ». A commencer par la sécurisation des contrats avec les acteurs de l’aérien, ceux qui seront les clients de H4 Marseille-Fos, et qui sont les compagnies aériennes, les traders de commodités… Mais pour que cela tienne, il faut que le contexte réglementaire soit confirmé. Un point majeur sur lequel Alexis Martinez insiste. « Il est très important qu’il n'y ait pas de changement majeur en particulier sur la date du 1er janvier 2030 pour le début de mise en place des obligations, c'est un point absolument fondamental ». Le règlement européen ReFuelEU prévoit en effet un taux d’incorporation du carburant de synthèse de l’ordre de 6% en 2030, 10% en 2040 et 70% en 2050, sachant que depuis 2025, l’obligation est à 2%. Or une clause de revoyure est prévue. Si Alexis Martinez ne se montre pas forcément inquiet, le CEO de H4 Marseille-Fos dit tout de même que modifier l’échéance de 2030 ne serait pas une bonne nouvelle, alors certains acteurs pétroliers font pression. « Tout report ferait automatiquement tomber tous les projets », prédit-il. Et de plaider d’ailleurs pour que les pourcentages d’incorporation, prévus pour augmenter en escalier, le soient de façon plus linéaire. Un point que pousserait le gouvernement français et le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.