Les exportations agricoles à l’épreuve de la géopolitique
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Misrata, principal terminal non pétrolier de Libye, concentre entre 60 et 65 % du trafic de conteneurs du pays.
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Misrata, principal terminal non pétrolier de Libye, concentre entre 60 et 65 % du trafic de conteneurs du pays.
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« On va avoir des crises, des conflits à répétition, car il n’y a plus de patron », explique Cyrille Poirier-Coutansais au public du Salon de l’agriculture. Pourtant, il n’est pas question dans son propos de dermatose nodulaire, de négociation de prix justes ou de Mercosur. Le spécialiste évoque son domaine de recherche : la géopolitique.
Les discussions au sujet de Donald Trump et Xi Jinping ont toute leur place cette année derrière les étals. La France, première puissance agricole de l’Union européenne, a vu son solde commercial se dégrader en 2025. On lui prédisait de passer dans le rouge. Finalement, l’excédent ne sera que de 200 millions d’euros. Mais Cyrille Poirier-Coutansais prévient déjà : « À l’avenir les marchés d’export ne se fermeront pas par manque de compétitivité, mais pour des raisons politiques. » Au cœur de ces enjeux : le fret maritime.
Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime, animait cette table ronde cachée dans le hall 5 du Salon ;
Entre le 24 février 2022 et le 28 février 2023, l’Organisation mondiale du commerce recensait 96 restrictions à l’export de denrées agricoles. L’année suivante, début 2024, le commerce qui transite par le canal de Suez a chuté de 50 % en raison des attaques houthistes en mer Rouge. L’indice SCFI, qui mesure le prix du fret depuis Shanghai, note également un doublement des tarifs d’expédition par conteneur. Les signaux d’alerte sont au rouge pour les exportateurs. Or, la France reste le sixième exportateur mondial de produits agricoles.