Les marchés apparaissent plus sensibles à la possible stabilité politique du pays qu'à la suspension de la réforme des retraites. Une réaction à méditer.Après plusieurs semaines d’agitation politique et financière, la France retrouve un peu de répit sur les marchés obligataires. Le taux d’emprunt à dix ans, baromètre de la confiance des investisseurs dans la dette française, a reculé mardi à 3,41 %, contre 3,47 % la veille, dans le sillage de l’annonce par le Premier ministre Sébastien Lecornu de la suspension de la réforme des retraites.
Cette décision, présentée comme un geste d’apaisement face à la crise politique qui secoue le pays depuis la rentrée, semble avoir temporairement rassuré les investisseurs.
Le spread franco-allemand – l’écart entre les taux français et allemands, thermomètre de la prime de risque associée à la France – s’est resserré à 0,80 point de pourcentage, tombant même brièvement à 0,79 point, un plus bas depuis le 16 septembre. « Cette annonce a agi comme un signal de stabilisation à court terme. Les investisseurs y voient une accalmie politique bienvenue », souligne Antoine Andreani, responsable de la recherche chez XTB France.
Une dette toujours en hausse vertigineuse
Ce regain de calme sur les marchés contraste avec la dégradation continue des finances publiques françaises. À la fin du deuxième trimestre 2025, la dette publique a atteint un nouveau record historique de 3 416,3 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB, selon les chiffres publiés le 25 septembre par l’Insee.
La progression a été particulièrement marquée au cours du trimestre, avec une hausse de 70,9 milliards d’euros, essentiellement due à l’alourdissement de la dette de l’État (+64,3 milliards). Depuis la fin des années 1990, la courbe ne cesse de grimper. En un quart de siècle, la dette française a quasiment doublé : elle représentait 60,5 % du PIB en 2000 et 101,2 % au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron en 2017.