L’action Vivendi s’effondre de 15 % et efface 6 à 9 milliards d’espoir d’indemnisation pour les minoritaires
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L'homme d'affaires, Vincent Bolloré, a souvent pris soin d'éviter de franchir le seuil des 30 % dans ses participations pour éviter de lancer une offre publique.
La Cour de cassation pourrait annuler l’obligation d’Offre publique de retrait (OPR) qui pesait sur le groupe Bolloré, transformant une dette potentielle de 6 à 9 milliards d’euros en victoire judiciaire éclatante. Cette perspective condamne les actionnaires minoritaires de Vivendi à rester « prisonniers » d’un véhicule décoté, précipitant une correction boursière violente et éclairant la technique du « contrôle rampant » qui fait jurisprudence.
Ce mercredi 19 novembre 2025 restera marqué par la déroute du titre Vivendi à la Bourse de Paris. L’action a perdu plus de 15 % en fin de matinée, ramenant la capitalisation boursière du conglomérat à 2,5 milliards d’euros. Le marché sanctionne ainsi une excellente nouvelle pour le groupe Bolloré, qui est son actionnaire de référence.
La raison de cette correction violente est double. Le titre Vivendi bénéficiait d’une « prime spéculative » depuis juillet 2025, lorsque l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait ordonné au groupe Bolloré de lancer une OPR. Les investisseurs anticipaient une sortie du capital à un prix attractif. Or, l’avis de l’avocat général de la Cour de cassation, consulté par Le Monde, recommande de « casser » l’arrêt de la Cour d’appel du 22 avril 2025.
Cet arrêt avait conclu à l’exercice d’un « contrôle de fait » par le groupe Bolloré sur Vivendi. Si la Cour de cassation suit cet avis, l’obligation d’OPR s’évanouit, et avec elle, la perspective d’une indemnisation évaluée entre 6 et 9 milliards d’euros pour Bolloré. La prime s’est évaporée instantanément.
L’approbation aveugle des minoritaires aux AG
Cette affaire met en lumière la stratégie du « contrôle rampant » qui a permis à Vincent Bolloré d’exercer une emprise « incontestée » sur Vivendi pendant plus d’une décennie sans jamais franchir la barre légale de 30 % du capital, seuil imposant une Offre publique d’achat (OPA). Le groupe Bolloré, détenant 29,9 % des actions, est resté stratégiquement juste en deçà.
Cette technique a permis au milliardaire de « faire la pluie et le beau temps au sein du conglomérat » depuis 2012, plaçant par exemple son fils aîné, Yannick, à la présidence de Vivendi en avril 2018 et ses deux autres fils au conseil de surveillance. Un ancien salarié, cité par Le Monde, confirme cette mainmise : « Tout lui remontait, de l’attribution d’un bureau aux grandes décisions stratégiques, tout était à sa main. »
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