Le futur accord entre l'Inde et l'Union européenne va faire tomber les barrières tarifaires à l'entrée du pays le plus peuplé au monde. Une brèche s'ouvre pour les alcools français, mais le contexte culturel et économique n'en feront pas un eldorado à court terme.Une cuillère à café par an, une gorgée tout au plus. C'est la quantité de vin que boit en moyenne un habitant de l'Inde selon les données d'Euromonitor International Limited. Ce qui favorise la santé publique du pays ne fait pas les affaires du monde viticole et, par extension, de celui des alcools.
Cette semaine, la présidente de la Commission européenne a annoncé un prochain accord de libre-échange entre Bruxelles et New Delhi qui embellirait la situation des alcools européens. Jusqu'ici taxés à la frontière à hauteur de 150 % du prix de la bouteille, le couperet douanier pourrait descendre à 20 % pour les vins et 40 % pour les spiritueux. Le rempart s'abaisse et c'est déjà une première satisfaction pour la filière française, qui depuis longtemps veut voir le verrou sauter.
« Cet accord aujourd’hui marque le début d’un chemin qui jusqu’ici était fermé par les barrières tarifaires. Mais il faut rester humble. C’est un marché qu’il va falloir construire dans les prochaines années, pour séduire les consommateurs indiens », écrit, prudent, Gabriel Picard, le président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français.
0,1 % des exportations de vin
Dans un pays où la consommation est culturellement peu répandue, la levée de l’assommoir tarifaire ne laisse pas le champ libre aux géants des vins et spiritueux. Loin de là.
En réalité, la barrière douanière est encore tenace puisque si l'administration centrale assouplit les règles, l'Inde compte 29 états qui peuvent à loisir maintenir des taxes sévères. La vente d'alcool est même interdite dans trois d'entre eux tandis que l'âge légal de consommation est fixé à 25 ans dans certaines provinces.