Budget 2026 : Moscovici juge la trajectoire de réduction des déficits insuffisante
latribune.fr

Pierre Moscovici a également mis en garde contre le différentiel de croissance avec les grandes économies.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
latribune.fr

Pierre Moscovici a également mis en garde contre le différentiel de croissance avec les grandes économies.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
Le diagnostic est sévère. Interrogé dimanche sur LCI, Pierre Moscovici, désormais membre de la Cour des comptes européenne, a jugé que le budget 2 026 « n’est pas sur le bon rythme » pour réduire les déficits publics.
« Je suis soulagé qu’on ait un budget, mais nous ne sommes pas sur le bon rythme », a-t-il déclaré, rappelant que la maîtrise des finances publiques conditionne la capacité d’action de l’État. « Si on veut que la France retrouve sa souveraineté, sa capacité d’agir, il faut qu’elle réduise ses déficits. Car si elle ne réduit pas ses déficits, c’est sa dette qui augmente », a-t-il insisté.
Le projet prévoit un déficit ramené à 5 % du PIB en 2026, alors que Paris vise un retour sous les 3 % en 2029. Une trajectoire que l’ancien ministre juge trop lente : « Cela améliore les choses, mais trop progressivement », a-t-il ajouté, doutant d’une accélération en 2027, année d’élection présidentielle, où « il ne va rien se passer en termes de réformes ».
Pierre Moscovici a également mis en garde contre le différentiel de croissance avec les grandes économies. Selon les dernières estimations de l’Insee, la croissance française en 2025 a atteint + 0,9 %, un chiffre supérieur aux premières projections mais toujours inférieur à celui de la zone euro et « deux fois et demi moins que les États-Unis », a-t-il souligné.
L’ancien ministre de l’Économie du président François Hollande a rappelé l’ampleur du décrochage sur longue période : « Au début des années 2000, notre PIB par tête était équivalent à celui des États-Unis. Aujourd’hui, nous sommes à 73 %. Petit à petit, nous sommes dans un déclin relatif dont nous ne pouvons pas nous accommoder ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Sur le plan politique, le budget doit encore affronter un ultime test parlementaire. Deux motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national seront examinées lundi à l’Assemblée nationale, après le recours au 49.3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour faire adopter le texte.
Sauf surprise majeure, ces motions devraient être rejetées, ouvrant la voie à l’adoption définitive du budget.
(Avec AFP)
latribune.fr