« Il est vu comme habile, il doit maintenant être perçu comme utile » : Sébastien Lecornu, chapitre 2 de son bail à Matignon
Le Premier ministre réfléchit à sa feuille de route après l’adoption du budget. Entre la fin du mandat présidentiel et la bataille pour 2027, ses marges de manœuvre seront contraintes.
Suite et pas fin. Après avoir eu recours une troisième fois au 49.3 vendredi 30 janvier afin de faire aboutir le projet de loi de finances pour 2026, Sébastien Lecornu affrontera demain deux motions de censure déposées par les Insoumis et le RN à l’Assemblée nationale.
Sans surprise, elles ne seront pas adoptées. Par conséquent, la France sera définitivement dotée d’un budget, et 146 jours après sa nomination, le Premier ministre pourra entamer une nouvelle étape. Désormais, dans l’esprit de tous, il sera là jusqu’à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron.
Jusqu’à présent, le budget avait mis au centre du jeu le locataire de Matignon. « Cela le protégeait de l’effacement », résume un ministre. Au sein du socle commun, certains y voyaient même la raison pour laquelle le chef du gouvernement étirait un peu trop le temps à leurs yeux. « Il pense que tant qu’il y a un budget il est utile », confiait, agacé, un président de groupe parlementaire avant Noël.
Désormais, le Normand va devoir se réinventer. Il n’a aucune intention de s’effacer. « Il va y avoir une tentation de le placardiser. Mais Sébastien Lecornu n’est pas décidé à compter les petites cuillères, prévient un ministre. Ceux qui pensent le contraire se trompent. »
Sur le papier, le locataire de Matignon dispose encore de quatorze mois pour rédiger un nouveau chapitre. Dans les faits, le temps dont il disposera sera beaucoup plus contraint. D’abord, la campagne des municipales va très vite prendre le dessus et le gouvernement devra composer avec la suspension des travaux du Parlement du 2 au 22 mars. Ensuite, au lendemain de cette échéance, la compétition présidentielle s’ouvrira et occupera progressivement tous les esprits et plateaux télé. « Le gouvernement aura avril, mai, juin pour exister et c’est tout », en déduit un ancien ministre. Comment dans ces conditions parvenir à laisser une trace ?
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