La croissance du PIB attendue plus haut que prévu : pourquoi c’est une bonne nouvelle

Sur les quinze dernières années, la France a enregistré une croissance inférieure à 0,9 % entre 2012 et 2014 (photo d'illustration).
REUTERS - Leon Kuegeler

Sur les quinze dernières années, la France a enregistré une croissance inférieure à 0,9 % entre 2012 et 2014 (photo d'illustration).
REUTERS - Leon Kuegeler
Le chiffre. La croissance de la France aura-t-elle fait mieux qu’attendu en 2025 ? Réponse vendredi, jour où l’Insee publiera sa première estimation de croissance du produit intérieur brut (PIB) du pays pour l’ensemble de l’année 2025 – ainsi que celle du 4e trimestre.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a toutefois déjà vendu la mèche vendredi dernier : « Tout pointe vers une croissance de l'année dernière sans doute plus proche de 0,9 % que le 0,7 % auquel nous nous attendions », a-t-il déclaré, se réjouissant de « résultats économiques encourageants ». Ce serait toutefois un recul de 0,3 point par rapport à 2024, où la croissance avait atteint 1,2 %.
Pourquoi c’est important. Une croissance positive, c’est la « quête perpétuelle des politiques économiques », rappelle le ministère de l’Économie sur son site internet. Plus elle est élevée, plus elle est synonyme de bonne santé pour l’économie.
La croissance « est indispensable pour faire face à bon nombre de problèmes économiques et sociaux, celui du chômage en premier. Elle permet l’élévation du niveau de vie général. La richesse des nations et de ses citoyens en dépend. Sans elle, la marge de manœuvre de l’État pour établir son budget se réduit, comme celle des entreprises pour embaucher ou augmenter leurs salariés. Sans elle, le pouvoir d’achat stagne, les marchés financiers dépriment », illustre ainsi Bercy.
Reste qu’à 0,9 %, si ce chiffre est confirmé vendredi, la croissance du PIB tricolore serait toujours loin de tourner à plein régime.
Sur les quinze dernières années, la France a enregistré une croissance inférieure à 0,9 % entre 2012 et 2014, au moment où la zone euro était frappée de plein fouet par la crise des dettes souveraines et des plans d’austérité budgétaire à la suite de la crise des subprimes.
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À peine commençait-elle à s’en relever que la pandémie de Covid-19 est passée par là, paralysant l’économie mondiale en 2020. Grâce au soutien du gouvernement – le fameux « quoi qu’il en coûte » du président Emmanuel Macron – l’économie française est repartie dès l’année suivante. Un dynamisme en trompe-l’œil, artificiellement soutenu par les aides publiques, qui est vite retombé depuis.
Ce que prévoient les autres. Parmi tous les organismes nationaux et internationaux qui établissent des prévisions de croissance, l’Insee s’affiche le plus optimiste. L’institut des statistiques du pays est néanmoins rejoint par la Banque de France, qui a relevé en décembre ses estimations, tablant désormais aussi sur une croissance de 0,9 % en 2025 contre 0,7 % précédemment.
La Direction générale du Trésor est plus frileuse, estimant la croissance à 0,7 % car « freinée par les mesures commerciales américaines et le climat d’incertitude prolongée ». Un avis partagé par le Fonds monétaire international (FMI). Du côté de l’OCDE, les économistes ont fixé leur estimation à 0,8 %.
L’avenir. 2026 est déjà attendue (un peu) meilleure que sa prédécesseure. Les prévisions de croissance des différents organismes sont quasiment unanimes : elle atteindra 1 %. Seul le FMI se démarque d’un petit dixième (0,9 %). Reste qu’en douze mois, beaucoup de choses peuvent encore changer.
Seule certitude pour l’heure : « 2026 commence plutôt bien », a assuré Roland Lescure vendredi dernier. « On le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d'investir, de recruter, de produire et d'exporter », a salué le ministre de l’Économie.
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Des louanges au tissu économique et aux forces vives du pays déjà adressées le mois précédent par le gouverneur de la Banque de France. « Il faut vraiment donner un coup de chapeau au courage des entrepreneurs qui continuent à se battre, et au courage des Français qui travaillent », avait relevé François Villeroy de Galhau au micro de France Inter.
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