Canicule : les logements français manquent de volets… et c’est un gros problème

A Paris, faire installer des volets nécessite l'autorisation des architectes des bâtiments de France.
GFM - REUTERS - GONZALO FUENTES - Gonzalo Fuentes

A Paris, faire installer des volets nécessite l'autorisation des architectes des bâtiments de France.
GFM - REUTERS - GONZALO FUENTES - Gonzalo Fuentes
La vague de chaleur qui touche la France devient un problème politique. Ce jeudi, les ministres se réunissent exceptionnellement pour discuter des mesures à prendre pour protéger les Français de la canicule. Et sur leur bureau, une lettre de la Fondation pour le logement des défavorisés qui demande une chose : mettre des volets aux fenêtres des foyers français.
« Fermer les volets, c’est le premier geste pour empêcher un logement de se réchauffer », explique à La Tribune Maider Olivier, chargé de plaidoyer climat pour la fondation. Selon l’Ademe, la présence de volets permet ainsi de diminuer la température intérieure de 2 °C. Et cette baisse peut même atteindre 5 degrés selon une étude de la Fédération française du bâtiment.
Sauf qu’il suffit de se promener en ville pour se rendre compte que toutes les fenêtres ne sont pas protégées de l’effet de serre provoqué par les rayons traversants. D’après une étude réalisée en 2024 par la société de conseil en bâtiment Pouget Consultants, 40 % des logements en France ne sont pas équipés de volets sur toutes les façades exposées. Un problème prioritaire pour l’association qui défend le droit au logement.
Cette situation est en fait plus complexe qu’elle n’y paraît.
Un phénomène qui toucherait particulièrement les locataires selon la fondation pour le logement. Puisque c’est au propriétaire d’entretenir cet équipement, certains préfèrent les retirer. « Beaucoup de locataires nous disent qu’ils demandent des volets à leurs propriétaires mais n’obtiennent pas de réponse », confirme Maider Olivier.
Mais parfois, la bonne volonté du bailleur ne suffit pas. Pour les fenêtres n’ayant jamais disposé de volets, un propriétaire doit faire voter ses travaux lors de l’assemblée générale de sa copropriété. Une simple installation qui peut se transformer en conflit de voisinage si un ou plusieurs copropriétaires refusent de voir la façade de leur bâtiment changer.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Et quand les voisins sont d’accord, c’est parfois la mairie qui refuse. En fonction des plans locaux d’urbanisme, les architectes des bâtiments de France (ABF) sont régulièrement amenés à refuser l’installation de volets au nom de la préservation du patrimoine. Sauf que, rien qu’à Paris, 97 % des surfaces bâties sont soumises à leurs avis.
Que faire alors pour équiper les foyers français de ces précieux atouts antichaleur ? Pour Loïc Cantin, « l’État peut très bien dire qu’un logement non équipé de volets est indécent pour pousser les propriétaires à les remonter et les entretenir. »
Une mesure qui ne suffirait pas pour la Fondation pour le logement des défavorisés, qui estime que « l’Agence nationale de l’habitat pourrait financer l’installation de volets en fonction des moyens des propriétaires. »
C’est dans cette optique que plusieurs députés de gauche et certains macronistes ont signé, en 2025, une loi « visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à en protéger les occupants ». Ce texte voulant obliger les propriétaires et les copropriétés à installer des volets reprend en partie les demandes de la fondation.
Un texte oublié que la vague de chaleur va peut-être remettre au cœur des débats.