LA TRIBUNE. Quelles sont les forces et faiblesses de l’économie iranienne ?
AFCHINE ALAVI. L’Iran est un pays de 80 millions d’habitants, éduqués, qui constituent donc un réservoir de main-d’œuvre considérable. Le pays dispose de 18 % de réserves pétrolières, ce qui le place au 3ᵉ rang mondial, et de 21,5 % de réserves de gaz, ce qui en fait le numéro 2 mondial. En disposant de près de 70 types de minerais importants, l’Iran détient également 7 % des réserves de minerais mondiales. Sans compter le pétrole et le gaz, bien sûr. Cette richesse est aujourd’hui particulièrement convoitée et exploitée par les dirigeants actuels qui dilapident à tous les niveaux. C’est un pays géostratégiquement très bien placé car il a accès au golfe Persique, au détroit d’Ormuz, à la mer Caspienne et bénéficie du voisinage avec quinze pays, ainsi, c’est vraiment un couloir entre continents, en quelque sorte.
L’Iran possède également des capacités industrielles, des complexes pétrochimiques, des domaines de construction automobile, de l’aciérie. Voilà pour les atouts. Mais le pays a énormément de faiblesses. La principale faiblesse du pays réside dans sa gouvernance, qui repose sur un système totalement autoritaire et religieux. Cela limite ainsi considérablement la croissance économique et constitue un obstacle, même durant la période de 2015 où des relations s’étaient ouvertes avec les pays d’Europe et d’autres nations. Une part importante des revenus publics est affectée aux dépenses sécuritaires, en raison du régime autoritaire qui consacre énormément d’argent à la répression, au programme balistique – considéré comme l’un des plus importants du Moyen-Orient par de nombreux chercheurs, NDR – et au programme nucléaire. Cela au détriment des investissements productifs et sociaux. Dans le budget officiel, près de 29,2 % sont consacrés au militaire.