Quatre ans après son lancement, Mon Espace Santé séduit les citoyens… mais peine encore à embarquer les médecins.
Le ministère de la Santé célébrait aujourd’hui les quatre ans de Mon Espace Santé, le « carnet de santé » numérique lancé en 2022, conçu pour centraliser les données médicales des citoyens au sein d’un « coffre-fort numérique », et faciliter le suivi du patient entre professionnels de santé.
Cette séquence a permis au ministère de présenter un bilan d’étape du dispositif. À ce jour, près de 24 millions de profils sont activés, et pas moins de 2,5 millions de personnes en moyenne s’y connectent chaque mois. Mais au-delà des chiffres, tous les regards se tournent vers l’appropriation effective de l’outil par les professionnels de santé, condition déterminante de la montée en puissance de Mon Espace Santé.
Adoption par les praticiens : le verrou encore à lever
Médecins, laboratoires et établissements hospitaliers sont appelés à se saisir pleinement de l’outil pour l’alimenter en documents médicaux. Sur ce terrain, le ministère met en avant une progression significative, avec une hausse de 40 % des documents déposés par les professionnels sur la plateforme en 2024.
Le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme, a rappelé que « l’adaptation des logiciels métiers des professionnels de santé afin d’alimenter l’outil a constitué, dès l’origine, une priorité ». Une première vague d’adaptation, achevée fin 2023, a ainsi permis d’équiper environ 70 % des acteurs du sanitaire et du médico-social de solutions désormais compatibles avec le Dossier Médical Partagé (le coffre-fort numérique accessible aux professionnels de santé).
Après l’adaptation des logiciels de nombreux professionnels de santé, l’enjeu se déplace désormais vers la facilitation de la prise en main par les médecins, encore trop peu nombreux à utiliser pleinement l’outil, reconnaissent l’Assurance maladie et la délégation du numérique en santé. Or, sans une implication effective des praticiens dans l’alimentation du dispositif, Mon Espace Santé reste largement privé de sa raison d’être.
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