Donald Trump souhaite acquérir le Groenland pour des raisons de sécurité nationale et de défense stratégique face à la Russie et à la Chine. Il estime que ce territoire est indispensable au projet de défense antimissile " Dôme d'or " des États-Unis,...
REUTERS - Denis Balibouse
Lors de son allocution au Forum économique mondial, le président américain a officialisé sa volonté d’acquérir le Groenland pour des impératifs de sécurité nationale mais sans recourir à la force.
Le président américain a prononcé son discours tant attendu ce mercredi au forum économique de Davos. Arrivé avec du retard en Suisse après que son avion a dû faire demi-tour, Donald Trump a tout de même pris la parole plus d’une heure cet après-midi. Outre l’auditorium du forum, quatre salles de retransmission ont été mises à disposition pour retransmettre son discours.
Le milliardaire a abordé de nombreux sujets sur le modèle énergétique des pays, la défense, l’Otan, en passant par le dossier sensible du Groenland. Il a également confirmé des mesures pour les Américains en faveur de leur pouvoir d’achat et aussi critiqué le mandat de son prédécesseur Joe Biden.
Dès le début de son discours, le président américain a pointé du doigt l’Europe, assurant qu’elle n’allait « pas dans la bonne direction » et a affiché l’importance des États-Unis dans l’économie mondiale.
« Quand l’Amérique prospère, le monde prospère. Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde », a-t-il déclaré.
« Je demande des négociations immédiates pour acquérir le Groenland »
Le président américain n’a pas tardé dans son discours à aborder le dossier sensible du Groenland, ce territoire autonome appartenant au Danemark et que les États-Unis souhaiteraient acquérir. Des craintes sur une possible prise du territoire par la force s’étaient également cristallisées ces derniers jours. Donald Trump a rapidement balayé ces inquiétudes en indiquant qu’il ne souhaitait pas recourir à la force. « Je demande l’ouverture de négociations immédiates afin de discuter à nouveau de l’acquisition du Groenland par les États-Unis », a-t-il cependant déclaré.
Selon lui, seuls les Américains peuvent défendre correctement le territoire face aux Chinois et aux Russes. « J’ai énormément de respect pour le peuple du Groenland et du Danemark, mais tous les alliés de l’Otan ont l’obligation de défendre leur territoire, mais seuls les États-Unis peuvent défendre le Groenland », a-t-il asséné.
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« Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela », a-t-il plus tard complété.
D’après lui, le Groenland (qu’il a confondu avec l’Islande plusieurs fois) est situé à une place stratégique entre les États-Unis, la Russie et la Chine. Rien à voir avec ce que contiendrait le sous-sol du territoire, à savoir des terres rares et autres métaux critiques. « Tout le monde parle des terres rares, il n’y en a pas, ou il faut creuser à des centaines de mètres de profondeur », estime-t-il.
Acquérir le Groenland relève surtout « d’un intérêt stratégique de défense », les États-Unis en ont besoin pour des « questions de sécurité nationale », a-t-il plaidé. Le pays aurait besoin de ce territoire pour son « Dôme d’or », le projet américain de défense antimissile.
Il explique aussi que les États-Unis ont aidé à protéger le Groenland pendant la Seconde Guerre mondiale : « Nous avons rendu ensuite le Groenland au Danemark, c’était bête, et ils ne sont pas reconnaissants aujourd’hui. »
« J’ai fait plus pour l’Otan que n’importe qui d’autre »
Autre argument pour convaincre les Européens de lui vendre le Groenland : renforcer la sécurité de l’Otan. « On donne tellement et on reçoit tellement peu en retour (…). J’ai fait plus pour l’Otan que n’importe qui d’autre », a-t-il ainsi déclaré en mentionnant le fait qu’il a poussé les pays membres à augmenter leur budget consacré à l’organisation. Les Européens ont le choix : « Ils peuvent dire oui et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire non et nous nous en souviendrons (…) « Tout ce que les États-Unis demandent, c’est d’avoir le Groenland », a-t-il conclu.
Sur le dossier ukrainien, Donald Trump a indiqué qu’il allait rencontrer dans la journée le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Il a aussi jugé qu’il revenait à l’Otan et à l’Europe de s’occuper de la guerre en Ukraine. « Qu’est-ce que les États-Unis retirent de tout ce travail, de tout cet argent, autre que mort, destruction et des sommes d’argent colossales qui vont vers des gens qui n’apprécient pas ce que nous faisons ? Ils n’apprécient pas ce qu’on fait, je parle de l’Otan, je parle de l’Europe. C’est à eux de s’occuper de l’Ukraine, pas à nous. Les États-Unis sont très loin, un grand et bel océan nous sépare. Nous n’avons rien à voir avec ça », a-t-il déclaré.
Macron a joué « le dur à cuire »
Le président a également fustigé différents pays et dirigeants politiques. Il a ainsi raillé Emmanuel Macron, qui porte des lunettes de soleil à Davos en raison d’un problème à l’œil. « Je l’ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Mais je l’ai vu jouer le dur à cuire », a-t-il lâché.
Sur le Canada, il a ajouté que le pays existait grâce aux États-Unis.
« Le Canada devrait être plus reconnaissant envers nous, le pays est en vie grâce à nous, souvenez-vous en Mark Carney la prochaine fois que vous faites une déclaration », a-t-il adressé au Premier ministre canadien.
La Suisse, le pays hôte du Forum économique à Davos, a également été sévèrement critiquée par le milliardaire qui estime que le pays s’est fait de « l’argent sur le dos » des États-Unis au regard du déficit commercial, ce qui a justifié la mise en place de droits de douane.
« La Bourse américaine va doubler très bientôt »
Le président américain a également abordé la situation économique des États-Unis. Il a pointé du doigt le mandat de son prédécesseur : « Joe Biden est responsable de la pire inflation de notre histoire. » Mais selon lui, les prix des loyers, de l’énergie ou encore des médicaments sont déjà en train de baisser. Pourtant, le président n’a jamais été aussi bas dans les sondages au regard des questions économiques, les Américains se plaignant de la hausse du coût de la vie.
Du côté de la Bourse américaine, le milliardaire estime qu’elle « va doubler très bientôt », voire dépasser la barre des 50 000 dollars. Par ailleurs, selon lui, le pays est devenu le centre du monde de la cryptomonnaie.
Enfin, du côté des taux d’intérêt américains, le président a raillé une fois de plus le président de la Fed, la banque centrale américaine, en l’appelant « Jerome too late » (Jérôme trop tard). « Nous allons avoir une baisse des taux d’intérêt, car il y aura une nouvelle tête à la présidence de la Fed très bientôt », a-t-il annoncé.