« Inspirez profondément... » : Bessent prépare l'atterrissage de Trump à Davos
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Appelant plus largement les critiques de la politique américaine à la retenue, Scott Bessent a invité ses détracteurs à prendre une "grande respiration".
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Entre tensions diplomatiques et bras de fer institutionnel, le secrétaire américain au Trésor a défendu à Davos la stratégie de l’administration Trump sur la dette, l’Europe et la Fed.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a multiplié mercredi les déclarations offensives à l’égard des alliés européens et de la Réserve fédérale, en marge du Forum économique de Davos, affirmant ne pas craindre de répercussions financières des tensions diplomatiques provoquées par la stratégie de l’administration Trump sur le Groenland.
Interrogé sur le risque d’une vente massive de bons du Trésor américain par des investisseurs européens, notamment danois, en réaction aux menaces de droits de douane brandies par Donald Trump, Scott Bessent s’est voulu rassurant. « Je ne suis pas du tout inquiet. Encore une fois, en tant que secrétaire au Trésor, je vois nos adjudications (...) et nous avons enregistré des investissements étrangers record », a-t-il déclaré. Il a même relativisé le poids de Copenhague, affirmant que « l’investissement du Danemark dans les obligations du Trésor américain, tout comme le Danemark lui-même, est sans importance ».
Ces propos interviennent alors que le président français Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à envisager l’activation de son instrument anti-cœrcition (ACI) afin de répondre aux pressions américaines sur le Groenland. Scott Bessent a accusé le chef de l’État français de tenir des propos « incendiaires » et s’est montré particulièrement critique à l’égard de l’annonce française évoquant une demande d’exercice de l’Otan sur l’île arctique. « Si c’est tout ce que le président Macron a à faire (...) alors que le budget français est en ruine, je lui suggérerais de se concentrer sur d’autres choses pour le peuple français », a-t-il lancé.
Une « grande respiration »
Le secrétaire au Trésor a également ciblé le Royaume-Uni, estimant qu’il manquait à ses responsabilités envers les États-Unis en envisageant de restituer à l’île Maurice l’archipel des Chagos, qui abrite une base militaire américano-britannique. Appelant plus largement les critiques de la politique américaine à la retenue, il a invité ses détracteurs à prendre une « grande respiration ». « Je vais dire à tout le monde : inspirez profondément. N’ayez pas ce réflexe de colère que nous avons observé, ni cette amertume », a-t-il déclaré. « Pourquoi ne s’assoient-ils pas, n’attendent-ils pas que le président Trump vienne ici et n’écoutent-ils pas ses arguments ? (...) Parce que je pense qu’ils vont être convaincus. »
Sur le terrain intérieur, Scott Bessent a aussi ouvert un nouveau front en accusant le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, de « politiser » l’institution monétaire. « La Fed ne devrait pas être politisée. Il politise la Fed », a-t-il affirmé, reprochant à Jerome Powell d’avoir accepté d’assister à une audience de la Cour suprême concernant Lisa Cook, gouverneure de la Fed licenciée après des accusations de fraude hypothécaire. « Je ne comprends pas pourquoi le président Powell irait soutenir la gouverneure Cook », a ajouté Scott Bessent, se disant « très frustré par le refus de la Fed de mener une enquête interne » et estimant que « le fait qu’il soit assis au premier rang de la Cour suprême est une déclaration politique ».
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Ce nouvel épisode s’inscrit dans un bras de fer institutionnel croissant entre l’exécutif et la banque centrale américaine, alors que le mandat de Jerome Powell arrive à échéance en mai et que la Cour suprême a récemment rappelé le caractère « unique » de la Fed, excluant ses gouverneurs du champ des révocations facilitées accordées au président.
Malgré ces tensions, Scott Bessent a assuré que la priorité américaine resterait la croissance, affirmant qu’une politique de type « grow, baby, grow » serait au cœur de l’agenda des États-Unis à la tête du G20 cette année.