La production bretonne de chou-fleur représente 80 % de la production nationale. Quel prix juste demander au consommateur pour que les légumes français restent rémunérateurs? C'est la question sur laquelle les maraîchers planchent avec l'ensemble de la...
Après la crise du chou-fleur de décembre, les producteurs de légumes de saison veulent revaloriser les prix. Ils pointent une réalité : le coût de production pèse désormais presque autant que la logistique (emballage, énergie, transport) et la marge brute des distributeurs.
À la mi-décembre, cinq groupes de la grande distribution (Auchan, Casino, Carrefour, Coopérative U, Intermarché) avaient appelé les consommateurs à acheter des choux-fleurs français pour soutenir une filière en pleine crise. Trois semaines plus tard, les conditions climatiques, nettement plus froides, ont changé la donne, et peu de volumes sont finalement restés invendus.
Mais dans un contexte aggravé par une surproduction à l'échelle européenne, les questions de la baisse, voire la forte volatilité, du prix du chou-fleur (de 1,50 euros à 7 euros), mais aussi du potimarron, de la mâche ou du poireau, et de la fragilisation du revenu des producteurs, restent des enjeux majeurs.
Pour avertir sur le risque de disparition de la filière française de légumes, le collectif de producteurs Cerafel et la Sica de Saint-Pol de Léon, a réuni, mardi 6 janvier tous les acteurs de la grande distribution, ainsi que l’ensemble de la filière, y compris les fournisseurs d’emballage et les transporteurs.
Organisée dans les locaux de Terres de Saint-Malo en Ille-et-Vilaine, cette discussion collective avait pour objectif de rappeler l’importance de rémunérer correctement la filière et d'imaginer comment informer le consommateur sur le vrai prix des légumes français.
À 2,41 euros, le chou-fleur n'est pas rémunérateur
« Il y a un décalage entre le prix réel et le prix accepté par le consommateur. Il n’y a pas de voleurs dans la filière, cela se verrait rapidement ! Tout le monde est lié. Nous échangeons aujourd’hui pour trouver des solutions ensemble. Les prix au consommateur ne reflètent pas seulement le travail du producteur mais intègrent aussi l’impact des coûts externes (emballage, transport, énergie) », a rappeléMarc Kerangueven, président du Cerafel et de la Sica de St-Pol de Léon.
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Ceregroupement de producteurs bretons représente près de 1.300 exploitations en fruits, légumes frais (Prince de Bretagne), plants de pommes de terre et horticulture (Bretagne Plants, Kerisnel, Armor végétal). Il cultive 164 légumes différents dont 80 % de la production nationale de chou-fleur, avec 40 % des volumes globaux exportés.